Billets de claireleconte

Un parcours de découverte super !

Plusieurs communes m'ont fait confiance et ont suivi mes préconisations pour appliquer la réforme des rythmes scolaires. 

Comme je l'ai fait partout, j'avais recommandé que pour occuper l'après-midi consacré aux activités, il ne fallait surtout pas faire des activités occupationnelles mais bien construire des parcours de découverte, qui ont du sens et permettent aux enfants d'acquérir des compétences nouvelles. 

J'ai pendant plusieurs années travaillé avec l'Ariège, et rapidement des écoles de ce département se sont prêtées au jeu, et ont appliqué cette réforme à la fois en respectant tous les besoins des enfants, mais aussi la qualité de vie professionnelle des adultes, et en s'attachant à construire de tels parcours. 

J'ai envie de partager avec vous l'un de ceux qui vient d'être finalisé, tant il correspond exactement à ce que j'attendais de ces parcours. 

En voici la présentation par le responsable de l'association chargée leur mise en oeuvre. 

"Parcours scientifiques et techniques a Castelnau Durban avec un cycle autour des microfusées et des systèmes de propulsion
La micro-fusée apporte tout d’abord des acquis en technologie de construction : travail du carton, du bois, collage, représentation en plan.
Elle mène également à une approche des notions élémentaires de physique : gravité, réaction, aérodynamique, mécanique et des réactions chimiques 
Sa conception, sa réalisation et son lancement permettent d’aborder une démarche expérimentale qui inclut diverses phases d’action (contact, découverte, expérimentations, projet). 

Une micro-fusée est une activité de loisir par son caractère spectaculaire et permet l’acquisition de 
nombreuses notions et attitudes scientifiques et techniques, ouvertes vers divers autres domaines.

Prochains parcours : Art préhistorique et mur pariétal . Un projet artistique en lien avec un artiste local : Dany SEILLE et Les toiles de l'Artillac et un projet autour de la photographie "Back to the future "... 


Sur les pas de Claire Leconte depuis 2013 ! Merci Claire..."

https://www.facebook.com/olivier.raton/videos/10214379196534264/?t=13

Blanquer veut libérer des AM pour le sport

Je n'ai pas pu m'empêcher de réagir aux dernières déclarations du ministre Blanquer. 

Voici mon analyse : 

Rire ou pleurer ? 


En juin 2017, Jean-Michel Blanquer ouvre grande la porte au retour à la semaine de 4 jours. 
De nombreuses communes se sont précipitées sur cette possibilité, sans se préoccuper des conséquences que cela aura sur nombre d’enfants, du point de vue de leurs apprentissages.
8 février 2019, une nouvelle idée germe dans l’esprit du ministre et là on croit rêver ! 
Jean-Michel Blanquer et Roxana Maracineanu déclarent : «Les après-midi des élèves pourraient être libérés pour la pratique sportive»


Que lit-on dans les interviews données à ce propos : 
Roxana Maracineanu 
« Personnellement, j’ai connu des difficultés à mener de front mon double projet, sport et études. C’est la première dimension qui m’intéresse aujourd’hui en vue des JO. Les sportifs qui vont participer aux Jeux en 2024 à Paris, doivent pouvoir se dire que tout ce qu’ils mettent en œuvre pour y arriver sera reconnu. Que leur parcours sera valorisé quand ils passeront un entretien d’embauche. Ainsi, qu’ils deviennent des champions ou pas, leur savoir sera pris en considération par le monde professionnel.
Ce dont nous avons envie au ministère des Sports, et je crois que Jean-Michel Blanquer est d’accord avec cela, c’est que l’on puisse reconnaître un parcours sportif qui va de la maternelle à l’après bac. »


Jean-Michel Blanquer
« Le parcours de l’élève va valoriser tous les engagements sportifs de l’enfant, à l’école et en dehors. Je défends une vision complète du temps de l’enfant, non cloisonnée entre les ministères. C’est dans cet esprit que le Plan mercredi a été lancé à la rentrée 2018
Ce parcours pourrait démarrer dès la maternelle et appeler, à titre expérimental, des aménagements dans le temps scolaire de l’élève. Je pense par exemple aux après-midi qui pourraient être libérés pour la pratique sportive.
Nous travaillons effectivement avec le ministère des Sports sur des aménagements du temps scolaire afin de laisser une place plus importante au sport. Ce projet, « confiance et sport », s’adressera aux écoles et aux collèges qui souhaitent l’expérimenter. Je vais en discuter prochainement avec le ministre de la Culture pour voir comment nous pourrions intégrer la dimension culturelle à ce projet. »


Ce qui m’inquiète est que le grand risque est que ces temps d’EPS sortent de l’école, car la comparaison avec les mercredi éducatifs, hors temps scolaire, conforte cette crainte. Ce qui serait une grave erreur, car ces disciplines sont celles qui permettent des alternances pédagogiques propices au maintien des capacités attentionnelles et elles sont aussi celles qui peuvent renforcer la confiance en soi de certains élèves, pas forcément les meilleurs dans les matières toujours considérées comme fondamentales mais tellement habiles en sport ou excellents musiciens.


L’interview se poursuit : 
A quelle fréquence ? Un après-midi par semaine, par exemple
JMB : Non, ce serait plus que cela. L’appel à projets est en train d’être travaillé avec les deux ministères. Toutes les formules sont envisageables dès lors que la priorité à l’apprentissage des savoirs fondamentaux à l’école primaire est respectée.
Une expérimentation lancée dès la rentrée prochaine?
Le gouvernement souhaite mettre en place dès la rentrée prochaine cette expérimentation. Les élèves iraient le matin en cours et l’après-midi serait réservé à la pratique sportive. L’expérimentation concernerait, a minima, les collèges. Elle sera lancée à une échelle importante, sur la base du volontariat des établissements. L’appel à candidatures sera lancé prochainement.


Le pire est que je pense que Jean-Michel Blanquer se persuade vraiment innover dans cette « expérimentation », alors que dès 1995 est lancée une expérience en France à la demande de Jacques Chirac qui avait promis lors de sa campagne présidentielle, qu’il réformerait les rythmes scolaires. Cette expérience s’appuyait sur une circulaire parue le 31 octobre 1995 qui imposait que le temps scolaire soit étalé sur « au moins 5 jours ». Grâce à cette circulaire, nous avions pu mettre en place un projet éducatif dans un quartier ZEP de Lille, projet sur 6 matinées de 4h de classe, 2h le mardi après-midi puisqu’il y avait alors 26 h hebdomadaires obligatoires, les 3 autres après-midi étaient consacrées à des parcours de découverte construits par les Francas qui, entre autres, ont permis à tous ces enfants de découvrir le kayak et le tir à l’arc. 
Dès 1996 près de 800 établissements expérimentent le système de la journée en deux temps : enseignements scolaires le matin, sports et activités culturelles l'après-midi. L'idée d'aménager les rythmes scolaires est mise en pratique par Guy Drut, ministre de la Jeunesse et des Sports d’alors mais qui avait fait co-signer la circulaire par le MEN (François Bayrou) et la Culture (Philippe Douste Blazy). Les objectifs recherchés à travers ces nouveaux rythmes ne sont pas prioritairement l'amélioration des résultats scolaires. En fait, il s'agit surtout de respecter le rythme biologique de l'enfant, qui présente une meilleure attention le matin et l'objectif est de favoriser parallèlement l'épanouissement par la culture et le sport, l'éveil de la curiosité et le développement des facultés d'adaptation.


Innovant M. Blanquer ? 
Sans compter avec l’expérimentation lancée par Luc Chatel en 2011, avec JMB comme DGEco, pour les lycéens, mais mal conduite : ils mangeaient à 11H, au moment le meilleur pour la concentration, reprenaient des cours ensuite, au moment du creux méridien, puis avaient l’après-midi pour le sport !
Et ce qui me met plus en colère encore est de me rappeler que dès janvier 2013, j’avais interpelé Vincent Peillon via une lettre ouverte, afin qu’il ne mette pas en place sa réforme tel qu’il l’a fait, et dont on connaît aujourd’hui la destinée ! 


Pour rappel la lettre d’alors : 

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/01/03012013Article634927851651035722.aspx?fbclid=IwAR1HX8q9F6IAvB9HSRTIqUUuf7xvQ21lEBT6j7O9SgRYrve3mGCMsYc1qyU

 

Par ailleurs j'ai été interviewée par le Parisien : 

http://www.leparisien.fr/societe/rythmes-scolaires-blanquer-veut-liberer-des-apres-midi-pour-faire-du-sport-08-02-2019-8007486.php

 

Bonne lecture et bonne prise de conscience de ce que l'école publique est en danger, ainsi que l'éducation nationale. 

 

Une intéressante interview

Une journaliste de Place Grenet avait tenu à m'interviewer sur mes constats quant à la réforme en train de se mettre en place. Son interview est tout à fait intéressante. 

https://www.placegrenet.fr/2013/09/09/reforme-des-rythmes-scolaires-un-changement-cosmetique/7844

C'est aujourd'hui trop tard, mais qui sait, les retours en arrière ne sont pas si rares ! 

Snuipp en septembre 2013 !

Dès septembre 2013, le Snuipp 31 se préoccupait de diffuser mes écrits qui mettaient en garde le ministre sur le fait que la réforme risquait d'échouer. 

Dernier article de Claire Leconte : changer de rythme vraiment ! 30 septembre 2013 - Site du Snuipp 31

http://31.snuipp.fr/spip.php?article1434

Aujourd'hui, c'est le gâchis ! au détriment des enfants les plus fragiles ! 

Des conseils pour bien finir les vacances

Les vacances, quelles qu'elles soient, entraînent des changements de vie qu'il est parfois difficile d'abandonner. Pourtant toute vacance précède une rentrée. Il est important que celle-ci se fasse dans les meilleures conditions, sans perdre les avantages en principe acquis pendant ces vacances. 

Plusieurs conseils peuvent être donnés, qui sont valables à tous âges et pour toutes les vacances, donc même s'ils sont tardifs pour cette rentrée de janvier, les conseils ainsi enregistrés serviront avec profit aux prochaines vacances. 

Il est à la fois indispensable de retrouver un sommeil de qualité et qui s'inscrit dans un rythme normal au quotidien. Mais on ne doit jamais oublier non plus que la qualité du sommeil est largement dépendante de ce qui s'est passé au cours de la journée qui précède, donc bien organiser ces journées est aussi un enjeu de taille pour être en forme. 

Les conseils que vous trouverez dans ces deux entretiens s'intéressent aux deux moments de notre rythme veille-sommeil.

http://m.leparisien.fr/amp/societe/sante/sommeil-apres-les-fetes-comment-redonner-le-bon-rythme-a-vos-enfants-02-01-2019-7979448.php

http://m.leparisien.fr/amp/societe/sante/sommeil-des-enfants-privilegiez-les-activites-a-faire-loin-des-ecrans-02-01-2019-7979451.php

Ne rien faire, un bienfait pour l'enfant

Les adultes sont souvent inquiets de ne pas faire faire suffisamment d'activités à leurs enfants, craignant devenir ainsi de mauvais parents. 

Ils n'ont pas conscience de l'intérêt qu'a, au contraire, le fait de donner envie aux enfants d'aimer avoir du temps pour "ne rien faire", pour s'adonner à la rêvasserie, et s'autoriser à développer son imaginaire à partir des ressentis qu'ils ont à ce moment là. 

Ces temps sont indispensables à offrir aux enfants, à différents moments de la journée, le meilleur étant le temps de midi. 

Je me suis donc prêtée bien volontiers à une interview qui m'a été demandée, et que je vous livre ici. Ce sont des conseils applicables partout et pour tous les enfants. Bonne lecture. 

http://madame.lefigaro.fr/enfants/lennui-activite-indispensable-au-bon-developpement-de-lenfant-020119-162815

Mes "voyages" pour la réforme

Je pense qu'il est difficile de voir concrètement ce qu'a représenté mon investissement pour permettre à la réforme de fonctionner en respectant les ambitions de base qu'elle avait. 

On aurait pu croire qu'avec le décret Blanquer de juin 2017, les choses étaient pliées et plus rien ne pouvait être fait pour sauver ce qui peut l'être. La rétrospective que j'ai faite en ce 1er janvier 2019 de mon année 2018 prouve le contraire, et permet de constater à quel point la SNCF a bénéficié de mes apports, ceci malgré toutes les périodes de grève qu'il m'a fallu supporter. 

Mais cela démontre aussi que parallèlement, j'ai encore passé bien peu de temps chez moi pendant toute cette année, ce qui peut expliquer la grande fatigue de fin d'année. 

Il est intéressnt de voir qu'en fait à peu près toutes les régions de France ont cru utile de me faire venir, pour informer, arguments scientifiques à l'appui, les citoyens chargés de prendre des décisions pour les enfants. 

Même si ces interventions sont bien moins nombreuses qu'elles ne l'ont été tout au long des années de mise en place, de 2012 à 2017, elles restent malgré tout conséquentes. 

Voici donc mes pérégrinations en France en 2018 : 


Janvier 2018
 
1. 7 janvier : Mouans Sartoux (06)                 2. 9 janvier : Soisy sur École (91)
3. 10 janvier : Contres (41)                             4. 11 janvier : La Ricamarie (42)
5. 12 janvier : Foix (09)                                   6. 13 janvier : Isbergues (59)
7. 15 janvier : Saint Gervais la Forêt (41)       8. 16 janvier : Échirolles (38)
9. 17 janvier : Sourdeval (50)                        10.18 janvier : Avranches (50)
11. 19 janvier : L’Ile St Denis (93)                  12. 23 janvier : Auch (32)
13. 24 janvier : St Girons (09)                        14 : 30 janvier : Saint Cyr sur Morin (77)
15.  31 janvier : Dourdan (91)

Février 2018

16. 1er février : Saint Dié des Vosges (88)        17. 3 février : Creil (60)
18. 6 février : Châtel Guyon (63)                        19. 7 février : Saint Paul en Jarez (42)
20. 8 février : Farges les Chalon (71)                 21. 9 février : Limay (78)
22. 12 février : Salvagnac (81)                            23. 13 février : Bram (11)
24. 14 février : Segré en Anjou Bleu (49)            25. 15 février : Denain (59)
26. 27 février : Oyonnax (01)                               27. 28 février : Montagnole (73)

Mars 2018

28. 1er mars : Chambéry (73)                             29. 8 mars : Condat sur Vézère (24) 
30. 10 maris : Besançon (25)                              31. 13 mars : Montauban de Bretagne (35)
32. 14 mars : Le Rheu (35)                                 33.  15 mars : Saint Jean de Boiseau (44)
34. 16 mars : l’Ile St Denis (93)                           35. 17 mars : Capelle la Grande (59)
36. 20 mars : La Flèche     (72)                           37. 22 mars : Rouen (76) 
38. 24 mars : Dieppe  (76)                                   39.  26 mars : La Bourboule (63)
40. 27 mars : Farges les Chalon (71)                

Avril 2018 

41. 7 avril : AG DDEN Seine et Marne  (77)        42. 10 avril : Orsay (91) 
43. 23 avril : Lorient, Kervenanec (56)            

Mai 2018 

44. 5 mai : Arzaq-Arriguet (64)                            45. 15 mai : Villeneuve sur Lot (47)
46. 16 et 17 mai : Saint Pourçain (03)                 47. 22 au 25 mai : Strasbourg (67)
48. 26 mai : AG DDEN Allier, Vichy (03)             49. 29 mai : Saint Jean de Boiseau (44)
50. 30 mai : Paris, AEPU, G9 (75)                      51. 31 mai : Tarnos (40)

Juin 2018

52. 1er juin : Marennes les Oléron (17)            53. 4 juin : Dijon (21)
54. 5 juin : Vitré (35)                                         55. 6 au 9 juin : Isle d’Abeau (38)
56. 14 juin : Mont de Marsan (40)                    57. 15 juin : Bures sur Yvette (91)
58. 19 juin : Lille (59)                                        59. 20 juin : Nogent le Rotrou (28)    
60. 29 juin au 1er juillet : Bouguenais (44)


Juillet 2018

61. 9 au 11 juillet : Vauréal (95)

Septembre 2018

62. 7 septembre : Saint Désert (71)                   63. 15 septembre : Com éducztion FFPP (75)
64. 25 septembre : Paris, MEN, RV G9 (75)            

Octobre 2018

65. 9 octobre : Verrières en Anjou (49)            66. 10 au 13 octobre : Soisy sur École (91) 
67. 13 octobre : Lisses (91)                              68. 13 octobre AM - Paris : CPPLF (75)
69. 15 octobre : Feuchy (62)                            70. 16 et 17 octobre : Hennebon (56)
71. 19 octobre : Saint Loup sur Aujon (52)        

Novembre 2018

72. 9 novembre : Crest (26)                             73. 28 novembre au 1er décembre : Salvagnac et Sénouillac (81)


Suite à mon accident dans le TGV Tarbes-Paris, ont dû être supprimées les interventions prévues à Thorigné Fouillard (35), à Saint Sernin du Bois, à Paris, et à Crest. Elles sont reportées en 2019. Elles auraient dû se terminer le 18 décembre 2018.

 

Oui, la réforme pouvait réussir, mais à quel prix ?

La réforme dite des « rythmes scolaires » avait comme ambitions selon François Hollande, d’être le premier levier de la réussite, selon Vincent Peillon, le premier levier de la refondation de l’école, selon Jean-Marc Ayrault, la refondation ne se fera pas sans innover ce pourquoi il fallait retrouver des rythmes scolaires mieux adaptés à la réussite de tous, et, affirmait-il, «  au-delà de la question des rythmes, les projets éducatifs territoriaux à venir doivent être une occasion de redéfinir la façon dont l’école, les parents, les collectivités, les associations, ensemble, prennent en charge la réussite de tous ». Tout le monde a rapidement oublié ces ambitions, sauf peut-être moi, et ceci dit en toute modestie, ce n’est qu’un constat.

Depuis 6 ans maintenant, ma vie a été exclusivement consacrée à la mise en œuvre de cette réforme. Plus de 400 000 kms avec la SNCF, trois fois le tour de France avec y compris traversées par le Centre mais au total l’équivalent d’environ 10 tours du monde en 6 ans, des semaines entières hors de chez moi où il m’est très très souvent arrivé de n’y passer que le dimanche. Tout en ayant dénoncé dès le départ, avec une lettre ouverte envoyée à Vincent Peillon dès janvier 2013, les erreurs commises dans la rédaction et la publication du décret, dans le portage de la réforme par l’éducation nationale, dans l’accompagnement nécessaire à faire pour qu’elle fonctionne, j’ai accepté, au vu de mon expertise vieille de plus de 30 ans de telles expériences d’aménagements des temps de l’enfant, d’accompagner les communes qui me le demandaient. Systématiquement je précisais bien que je travaillais pour répondre aux besoins des enfants, mais également qu’on ne devait jamais oublier que leur bien-être est totalement dépendant de la qualité de vie professionnelle des adultes qui l’accompagnent au cours de sa journée, soit tant les enseignants que les animateurs et intervenants extérieurs, ceci tout en prenant aussi en considération les contraintes professionnelles des parents quand elles existent.

J’ai ainsi passé des milliers d’heures à faire des formations, à travailler avec les élus, les parents, les animateurs, les enseignants, mais aussi avec les enfants, en rappelant systématiquement les ambitions de départ de la réforme qu’à peu près tout le monde a oubliées depuis.

J’ai de ce fait accumulé beaucoup de fatigue, de stress, car quand on travaille avec toute une commune qui compte sur vous, cela n’a rien de décontractant et on n’a pas le droit à l’erreur, mais il faut savoir que j’ai même subi du harcèlement qui n'a évidemment pas aidé le travail à se faire. Mais j’ai aussi pu créer des liens amicaux nouveaux balayant à eux seuls tous les mauvais coups reçus et le manque de sommeil.  

Le décret Blanquer de 2017 m’a mise hors de moi, oser laisser la porte grande ouverte à ce qui est réclamé par les adultes soucieux de se faciliter la vie sans aucun état d’âme pour les enfants fragiles qu’on va plus encore fragiliser est inacceptable. De plus le faire en donnant le pouvoir aux maires de faire les choix en suivant les souhaits de leurs électeurs relève d’une réelle irresponsabilité de la part de l’état qui est garant d’une éducation nationale égalitaire. Cela n’a pourtant pas mis un coup d’arrêt à mes déplacements, car très rapidement des élus ambitieux pour l’éducation des enfants de leur commune, se refusant à faire des sondages sans donner aux sondés les arguments scientifiques susceptibles de les faire réfléchir, m’ont demandé pour le moins une conférence mais également souvent un accompagnement pour améliorer l’existant. J’en suis actuellement à plus de 32600 kms uniquement  pour l’année 2018.

Une autre forme de stress est apparue face aux attaques que j’ai pu provoquer bien malgré moi : quand vous vous savez précédée par une pétition largement diffusée par un syndicat enseignant ou que les gendarmes doivent venir encadrer un groupe de syndiqués manifestant sur le parking du lieu de la conférence, on n’est pas dans les conditions les plus agréables pour tenter de convaincre ce qui est le mieux pour tous les enfants. Je n’ai pourtant pas renoncé à la suite de remerciements reçus par toutes les communes qui ont souhaité me faire savoir que grâce à mon intervention, le vote qui a suivi a été favorable au maintien des 4,5 jours.

Malgré tout la fin d’année est là et ce qui n’aurait jamais dû arriver est arrivé : lors d’un des mes derniers voyages, j’ai eu dans le train un sérieux accident (un dénivelé du sol du TGV m’a fait perdre l’équilibre et j’ai eu le malheur d’écraser mon visage sur un poteau placé juste devant moi, chute qui a enfoncé les lunettes que je portais dans mes chairs), qui a convoqué une pharmacienne et une médecin présentes dans le train, les 4 contrôleurs (qui ont fait une déclaration d'accident) et leurs boîtes à pharmacie desquelles on a utilisé toutes les compresses existantes, puis les pompiers de la gare Montparnasse, les pompiers de Paris à leur suite qui m’ont emmenée à l’hôpital le plus proche de la gare qui m’a à son tour transférée aux urgences de la Pitié Salpétrière où j’ai passé toute la nuit. J’ai perdu énormément de sang et ai quitté ces urgences avec  plus de trente cinq  points de suture réalisés sur une plaie très profonde (laissant voir les os en haut du nez et au dessous de l'oeil gauche) de près de 10 cms de longueur.

Et là, je l’avoue, je me suis dit : « mais pourquoi me mets-je ainsi en danger alors même que tout le monde se moque éperdument de ce qu’on permette à tous les enfants d’être dans les meilleures conditions pour développer toutes leurs compétences et potentialités ? » .

Finalement j'ai eu une réponse à cette question grâce à une élue avec laquelle je travaille actuellement, qui m’a fait parvenir le courrier d’une directrice d’école du Tarn, qui me prouve que la réforme pouvait réussir si on s’en donnait les moyens.

Je vous livre ici la lettre de cette collègue :

« Madame V. a  assisté à la conférence de Claire Leconte en février dernier, sur les rythmes biologiques des enfants.

Très sensible à son analyse, elle a poursuivi des recherches sur son travail via internet et a décidé de mettre en application ses préconisations.

Les parents, à l’écoute de son projet, ont visionné les conférences de Claire Leconte sur Internet et ont été ouverts aux différents changements, notamment celui des horaires qui favorisaient les matinées longues et des parcours de découverte le jeudi après-midi.

Avec seulement 3 mois de recul, elle considère le changement « fabuleux ».

L’instauration de ces parcours, le travail en collaboration avec les personnels de l’ALAE a permis de donner du sens à la relation école/ALAE,  a créé du lien. Madame V. considère que le bénéfice est « flagrant ».

Ces nouveaux horaires font suite au réaménagement de l’emploi du temps avec matinées plus longues, une récréation avant 10h, plus d’appétit pour le repas de midi. Les matières à haute mobilisation cognitive sont bien sûr dispensés le matin.

D’autres aménagements ont été décidés, celui d’un temps de relaxation de 10 minutes, juste après le repas, suivi d’un temps de repos ou de jeux calmes.

De petits investissements ont été réalisés tels que l’acquisition de jeux anciens, en bois, rédusiant l’excitation des enfants. L’installation de claustras va quant à elle, permettre de créer des espaces plus intimes et moins bruyants, que ce soit dans la salle de restauration ou dans le préau.

Avec l’apport de coussins et couvertures, l’utilisation du préau évolue. Les enfants se détendent, sans énervement, sans bousculade, mais il faudra bientôt aviser parce que l’espace n’est pas chauffé.

La demande prioritaire de Madame V. est la venue de Claire Leconte dans son école, pour qu’elle échange avec les enfants et les parents très en demande.

C’est une sorte de révolution qui se met en marche dont le bénéfice est indéniable pour les enfants mais aussi pour les enseignants, disposant de plus de temps pour travailler dans la semaine et profitant plus largement de leur week-end et de leur famille. ».

 

Que dire de plius, la refondation de l’école espérée par les précédents ministres est là bien en marche, pourquoi toutes les écoles n’en ont-elles pas profité ? Ces collègues n’ont fait que me faire confiance et suivre toutes les préconisations que je n’ai cessé de diffuser. Aujourd’hui,  c’est à un gâchis auquel on assiste et c’est désolant, plus encore pour tous les enfants qui avaient tant besoin de ces changements profonds au sein de l’école