Lettre à Vincent Peillon. Qu’il ne lira pas ! Pourtant ….

Bonjour Monsieur Peillon,

Certes mon blog n’a ni l’audience ni la réputation d’un blog affilié à Médiapart.

Mais cette lettre, dont on peut se demander quel est son intérêt aujourd’hui, vient en contrepoint à celle de Sébastien Rome qui m’a permis de découvrir la proximité que celui-ci a avec vous et m’a, par ricochet, permis de mieux comprendre la teneur des échanges, qui m’ont parfois paru ambigus, que j’ai eus avec lui ces dernières semaines.

Oui, vous êtes parti, mais j’ai quand même besoin de vous parler puisque vous n’avez jamais voulu entendre :

Notre première rencontre date de la campagne présidentielle, début 2012, lorsque vous êtes venu à Lille. J’ai été invitée par la fédération PS du Nord à me joindre au groupe qui vous accueillait : j’ai donc mangé avec vous puis nous avons conversé le temps de nous rendre à l’école expérimentale que vous étiez venu visiter, école n’ayant jamais fonctionné sur 4 jours et dont j’avais participé à construire le projet éducatif en 1995-1996, et nous y avons passé une partie de l’après-midi.

Je me souviens fort bien vous avoir vu séduit par les enfants qui, sur leur après-midi libéré, s’entraînaient à des tours de magie qu’ils ont pris plaisir à vous faire et refaire, tout en expliquant ensuite les procédés chimiques expliquant les effets obtenus.

Vous m’aviez dit, à la fin de cet après-midi, que vous reconnaissiez qu’il s’agissait là d’un projet éducatif de fort bonne qualité.

Je vous avais alors remis le livre que j’avais rédigé peu de temps auparavant, à l’époque où Luc Châtel, avant vous,  avait lancé un remue-méninges autour des « rythmes scolaires ». Pour la petite histoire, je suis la seule à l’époque à avoir dénoncé publiquement le lancement de ce remue-méninges et m’étais permise d’écrire : « comment surmédiatiser un problème mal posé pour mieux masquer la destruction programmée de l’école publique républicaine », texte que vous pouvez retrouver sur différents sites. J’avais aussi, à l’époque, demandé à plusieurs chrono quelque chose de mes connaissances, de refuser de participer à ce semblant de commission de concertation mais visiblement nous ne partageons pas tous les mêmes valeurs.  Ce livre et différents écrits ont été remis à votre proche collaborateur, psychologue de son métier, avec qui de ce fait j’avais échangé. Il m’avait certifié s’assurer que vous auriez en mains propres ces documents, mais les avez-vous seulement lus ?

J’ai participé aux ateliers de concertation, au cours desquels je suis intervenue à de nombreuses reprises, y ai déposé des propositions, qui avaient attiré et retenu l’attention de très nombreux présents.

J’avais alors expliqué qu’il ne me semblait pas judicieux de vouloir précipiter les choses et d’attendre de toutes les communes qu’elles soient prêtes à mettre en place un projet éducatif de qualité dès la rentrée 2013, tant il me semblait important que soient d’abord diffusées de nombreuses connaissances qui continuent d’être ignorées de tous ceux qui ont un rôle éducatif à jouer auprès de l’enfant, les dizaines de milliers de personnes rencontrées au cours de mes tournées en France m’ont confortée dans cette idée. Colombe Brossel ne m’avait-elle pas alors gentiment raillée en déclarant publiquement  « on vous promet, Madame Leconte, nous écrirons dans le rapport pour la loi de refondation qu’il faut former tous les parents à des connaissances sur le rythme veilles-sommeil de leur enfant « ! Croyez-moi, cela n’ayant pas été fait, ne vous attendez pas à trouver des enfants réellement moins fatigués parce qu’ils auront l’école sur 9 demi-journées !

Lors de ces ateliers, les réactions à ces propos sont venues de jeunes députés nouvellement élus qui se sont empressés de me dire : « mais Claire, tu n’y penses pas, en 2014 il y a les municipales » ! Ah oui, c’est vrai ! En France nous passons notre temps entre deux élections et il faut toujours penser au coup d’après, de ce fait, on ne change rien en profondeur, pour ne pas déplaire aux électeurs ! Mais là, il faut bien dire, c’est raté !!

Je ne peux m’accorder avec Sébastien Rome qui semble regretter qu’elle ait été repoussée d’un an ! Alors qu’on voit bien que la précipitation avec laquelle elle a été lancée dans les communes qui sont parties dès 2013 ne permet nullement de démontrer que c’est réellement mieux pour l’enfant et qu’il est évident que ses apprentissages vont être améliorés ! Il affirme aussi, comme l’a fait effectivement Vincent Peillon, que cette réforme attendait depuis 30 ans ! Mais quelle réforme, puisque voici 30 ans nous étions bel et bien sur « 9 demi-journées », ce que désirait avant tout l’ancien ministre. De quelle réforme alors s’agit-il ?

C’est ce que j’explique dans toutes mes conférences,  c’est de permettre de changer profondément l’école et son fonctionnement, mais pas sur un seul emploi du temps !

Car  contrairement à ce que dit Sébastien, la question de l’accueil tant dans le temps scolaire que dans le temps périscolaire se posait déjà avant 2012, en tout cas pour tous ceux qui voulaient se la poser, preuve en sont les projets que j’ai suivis depuis plus de 20 ans.

Qui se souvient qu’en 1976, le recteur Richard indiquait déjà « la nécessité de réorganiser le temps scolaire dans sa globalité. Le contenu et la place dans la chronobiologie de l’écolier, du collégien et du lycéen, devraient réserver, comme cela se fait dans beaucoup de pays moins cartésiens, le matin aux activités d’acquisition et l’après-midi aux activités d’éveil, musicales et plastique, ainsi qu’aux activités sportives. »

Alfred Binet, psychologue,  avait dit dès 1906, « Le travail du matin est celui qui produit le maximum de rendement, il faut donc réserver la classe du matin pour le travail le plus difficile. ». Il demandait aux enseignants de faire bénéficier les  écoliers de la « clarté mentale de la matinée ». Mais il soulignait aussi que l’influence de l’organisation de la vie familiale et scolaire sur les différents rythmes biologiques de l’enfant est effective quel que soit l’âge.

Et je ne suis pas plus d’accord sur le fait que « la route est indiquée » pour les nouvelles perspectives à avoir, quand je vois combien au contraire l’école s’est davantage repliée sur elle-même, aidée par cela par la hiérarchie qui n’a cessé de réclamer au plus vite des emplois du temps, avec des cases vides à remplir « plus tard », et en se contentant de demander aux collectivités de bien vouloir boucher les trous libérés par cet emploi du temps, mais de plus en précisant que ce qui se passe après la fin de la classe ne concerne plus l’éducation nationale. Je vous ai même entendu le dire, vous M. Peillon, « quand nous aurons recueilli tous les emplois du temps de toutes les écoles, le travail de l’Éducation nationale sera accompli » ! C’est ainsi qu’on espère faire davantage de liens entre les temps scolaires et les temps dits périscolaires.

En mai 2012, quand vous avez annoncé qu’on allait revenir à la semaine de 5 jours, et que vous accepteriez de laisser le choix aux collectivités entre le samedi et le mercredi pour le 5ème jour, j’ai cru la partie gagnée. Que nenni quand j’ai vu publier le décret de janvier 2013, rendant obligatoire une organisation de la semaine dérogatoire imaginée par le décret Darcos ! Certes, la même personne ayant écrit les deux décrets, il lui était difficile de revenir sur une organisation qu’elle avait inventée quelques années plus tôt. Mais n’auriez-vous pas pu vous inspirer d’un rapport dont l’un des deux co-auteurs est tout simplement le député auquel vous avez confié le rôle de rapporteur pour la loi de refondation ? Voilà ce que préconisait ce rapport : "On peut toutefois se demander si une organisation en demi-journées ne tendrait pas à rigidifier la gestion du temps scolaire, à la différence d'un système dans lequel les enseignements et les autres activités pourraient être répartis librement du lundi au vendredi, voire au samedi.

Les avantages d'une semaine scolaire de cinq jours ne seraient en effet pas négligeables. Ils ont été particulièrement mis en évidence par les emplois du temps de l'école primaire "à la journée" que la mission a visitée à Berlin (cela correspond à ce que je propose à ceci près qu'ils y intègrent le mercredi après-midi). Dans cette école primaire, ouverte de 8h à 16h, alternent du lundi au vendredi les enseignements "classiques" avec des plages horaires dédiées aux loisirs.

En organisant les activités de loisirs principalement l'après-midi, cette école met en oeuvre une organisation du temps scolaire respectueuse des rythmes de l'enfant.

En outre, cet emploi du temps organisé sur cinq jours permet de consacrer beaucoup d'heures à la pédagogie différenciée, puisqu'il prévoit un nombre important de travaux en petits groupes et de classes dédoublées.

Enfin cette organisation hebdomadaire implique un réel travail de coordination entre les enseignants, animateurs et éducateurs chargés des activités périscolaires, ces derniers étant placés sous la responsabilité du directeur de l'école."

J’avoue personnellement avoir beaucoup de difficultés à comprendre qu’au nom de la politique on puisse renier en deux ans les affirmations qu’on avait faites soit disant dans l’intérêt de l’enfant. Car ce même rapporteur de la loi était maire d’une commune avec laquelle j’ai construit un vrai projet éducatif sur ces préceptes, à savoir consacrer des après-midis aux activités autres que scolaires. Cette organisation mise en place a fait l’unanimité, des enseignants, des animateurs, des parents, des enfants ! Les enseignants disaient avoir retrouvé les fondamentaux de leur métier, avoir de l’avance dans leurs apprentissages, les enfants venaient avec plaisir à toutes les heures de la journée, qu’elles soient scolaires ou non scolaires, très très peu de non présents sur les temps non scolaires non obligatoires, les parents se disaient satisfaits des horaires ainsi organisés et être rassurés de voir leurs enfants entre les mains d’animateurs devenus de vrais référents. Les évaluations réalisées en avant et après (au contraire de ce que pourra faire le ministère avec la réforme démarrée en 2013)  la mise en place du projet ont montré, entre autres, des changements significatifs dans le respect de la régularité du rythme veille-sommeil des enfants. Cette organisation s’est malheureusement retrouvée hors la loi par le décret imposant un découpage de la semaine en 9 demi-journées. Et le député rapporteur de la loi n’a rien fait pour qu’il n’en soit pas ainsi !

Lorsque ce décret est sorti j’ai décidé de vous adresser une lettre ouverte qui a été publiée sur le Café Pédagogique. Quelles furent alors vos réactions ?

Lors d’une de vos sorties sur le terrain, vous êtes allé à Brest, une question vous a été posée à savoir, « pourquoi ne pas accepter d’organiser la semaine sur 5 jours ? » Ce à quoi vous avez répondu : « oui, je sais, il me faut rassurer Claire Leconte » ! Comment éliminer une question perturbante.

Louise Tourret, journaliste à France Culture, m’invita à un enregistrement de l’émission Rue des Écoles peu après la publication de cette lettre. La découvrant elle appela le ministère pour connaître la réponse qui m’était faite à ce courrier. Vous décidâtes alors d’envoyer votre collaborateur, Directeur Général de l’Enseignement Scolaire, pour débattre avec moi. Ce débat eut lieu mais ne permit de constater aucun signe de bonne volonté du ministère de faire en sorte que cette « réforme » soit mieux accueillie qu’elle ne l’était déjà à l’époque. Une enseignante également invitée, membre du collectif des dindons, laissa même entendre que ce n’était pas contre la réforme en elle-même que ce collectif fut constitué, mais contre l’application qui allait en être faite. Elle fit d’ailleurs savoir que si on l’autorisait à mettre en place une organisation telle que celle que je préconisais, elle le ferait immédiatement. Interrogé par Louise Tourret quant au fait que visiblement ce n’était pas la réforme en elle-même qui était contestée mais bien sa mise en place, le DGESCO me répondit : « mais on ne va pas y toucher à vos projets Madame Leconte », sachant que ce n’était absolument pas ce que je demandais mais bien que toutes les communes désireuses de construire un tel projet aient la possibilité légale de le faire.

Rien ne bougea après cette rencontre, est-ce donc que vous étiez déjà « parti » comme le laisse entendre Sébastien Rome ?

Militante du réseau Prisme, j’ai participé à l’écriture d’amendements du décret déposés par divers députés à l’assemblée nationale. Les arguments que vous avez alors donnés pour les refuser ont d’emblée pour moi étaient irrecevables.

Vous avez d’abord prétendu que le point le plus important dans la réforme du temps scolaire et éducatif (tiens donc, le temps scolaire n’est donc pas éducatif ?), c’est de prévoir neuf demi-journées de travail, de sorte qu’on étale le temps scolaire pour améliorer les apprentissages !

Comment quand on est enseignant, peut-on croire que le seul étalement sur davantage de demi-journées améliorera les apprentissages ? C’est en donnant au contraire plus de continuité dans les temps, comme on le fait quand on allonge substantiellement les matinées, qu’on améliore vraiment les apprentissages.

Par ailleurs, êtes-vous allé constater ce que ça donne aujourd’hui sur le terrain ? On voit des matinées de 2h le mercredi matin, pour lesquelles des IEN n’hésitent pas à dire  « vous n’avez qu’à y mettre l’EPS et les arts plastique », d’où on voit bien que ces IEN ne connaissent rien au fonctionnement des apprentissages chez l’enfant : comment peuvent-ils encore croire qu’on apprend à lire-écrire-compter-communiquer uniquement en maths et en français ? Savent-ils comment fonctionnent les transferts d’apprentissage chez l’enfant ? On voit également des après-midi réduites à la portion congrue, une heure à peine d’enseignement, sans pour autant que cela n’ait permis d’améliorer ce qui aurait dû l’être.

Et votre autre argument était le suivant :

« une des difficultés majeures réside dans le choix de la demi-journée libérée. Certains ont proposé que ce soit le vendredi après-midi. Vous voyez bien que si nous ouvrons cette possibilité, du point de vue de l’étalement du temps scolaire (je renvoie là à ce que j’ai dit précédemment, cet argument ne tient pas), c’est tout le sens de la réforme qui s’effondre »…….  « dans l’intérêt de l’amélioration des performances scolaires, je vous demande de bien veiller au sens même de la réforme. Je comprends qu’elle suscite des difficultés d’organisation, mais cette réforme est faite en vue d’améliorer les performances éducatives. (comme si cette amélioration ne dépendait de rien d’autre !). L’avis du Gouvernement est que nous ne pouvons pas ouvrir cette possibilité qui donnerait des week ends de deux jours et demi. Beaucoup de villes m’en ont fait la demande. Je ne peux pas, en conscience, considérer que ce serait un progrès et je vous demande donc, Madame Mazetier, de retirer vos amendements » !

Alors là, est-ce parce que vous étiez déjà parti que vous aviez un tel aveuglement ?

D’une part, je n’ai pas entendu une seule commune, parmi toutes celles que j'ai rencontrées, réclamer en premier lieu le vendredi après-midi, toutes celles avec lesquelles j’ai travaillé, qui, soit dit en passant, ont toutes vu leur maire reconduit, pour la plupart dès le premier tour, voulaient au contraire ne pas libérer les mêmes après-midis dans toutes les écoles pour pouvoir y faire tourner les animateurs qualifiés recrutés pour l’occasion, et donc réduire de moitié le besoin tout en mettant au service de tous les enfants la même qualité de prestation, ce qui leur permettait aussi de diviser par deux chaque jour le besoin en locaux.

D’autre part, si vraiment votre souci était de ne pas allonger le week end, il vous suffisait d’imposer le samedi matin au lieu de le rendre dérogatoire, et la diminution du week end allait de soi.

D’autre part encore vous avez osé refuser à plusieurs communes vertueuses le droit de faire le projet de qualité construit avec toute la communauté éducative sous ce prétexte alors même que vous n’avez pas refusé à Paris de faire un projet dérogatoire, bien que bricolé, mais qui va exactement dans le sens que vous vouliez éviter ! Ainsi qu’ont dit les élus écologistes sur leur soutien apporté à Bertrand Delanoë dans le vote pour le projet à mettre en place en 2013 : « Nous nous félicitons que les activités périscolaires n’aient pas lieu durant la pause méridienne comme c’était prévu au départ mais le mardi et le vendredi après-midi. Non seulement c’est mieux pour les enfants mais cela permettra aussi aux enseignants de pouvoir quitter les écoles plus tôt, deux jours par semaine, notamment la veille du week-end. C’est une petite contrepartie au fait qu’ils viendront travailler le mercredi. » ! Bien joué, et les enfants, seront-ils tous là eux, le vendredi après-midi ? Quels seront les cours faits à ce moment là juste avant les activités ? Tous les enseignants seront-ils présents en ce début de vendredi après-midi ? Et s’affirme bien là le fait que le projet parisien a bien prévu un vrai travail de lien entre les temps scolaires et non scolaires, n’est-ce pas ? 

Mais Paris est le centre de la France, on le sait, il faut toujours lui concéder diverses choses qu’on refuse d’emblée à la province. La preuve ? Sylvain Garel, élu écologiste, n’hésite pas à affirmer : « si la capitale n’avait pas choisi de mettre en œuvre cette réforme dès 2013, cela enterrait le projet et avec lui toute la refondation sur l’école ». Ben voyons !

Mais en province, M. Peillon,  je peux vous dire que je connais nombre de PE qui reviennent le dimanche dans leur école car ils n’ont pas eu le temps dans la semaine de préparer toutes les photocopies dont ils auront besoin dès le lundi. Malgré cela vous trouvez normal qu’on se refuse à leur accorder des après-midi libérés dans la semaine alors même que ceux qui le souhaitent ont mené une vraie réflexion pour utiliser au mieux leurs 24 h, en les étalant intelligemment et en réfléchissant vraiment aux besoins de leurs élèves. Et ceci alors que vous oubliez le rapport de la cour des comptes qui a montré que la moyenne hebdomadaire du temps de travail de la majorité des PE est de 41 h ! Savez-vous que la revendication la plus forte des PE n'est pas financière, elle est d'avoir du temps, pour réfléchir, pour travailler avec leurs collègues, pour faire des recherches, pour prendre du recul sur leur métier. C'est important d'écouter les personnels dont on a la responsabilité au plus haut niveau.

À la suite de ce refus au niveau de l’assemblée nationale, nous nous sommes tournés vers le Sénat. Nous y avons trouvé un accueil très favorable, avec une sénatrice me disant qu’il serait bon que j’aille assurer une soirée débat dans sa région car on était en train d’y faire n’importe quoi. Elle partageait alors avec nous le fait que le découpage de la semaine tel qu’il était imposé ne laissait aucune possibilité à des initiatives innovantes et fort intéressantes pour les enfants. Mais très vite ensuite nous n’avons plus eu de réponse aux questions que nous posions. Je les ai posées à une autre sénatrice que j’avais rencontrée lors de mes déplacements en région pour conférence et qui avait alors marqué un grand intérêt pour le projet que je proposais, -intérêt m’avait-elle dit par la suite, partagé par diverses associations importantes de la ville qui voyaient bien leur place dans un tel projet. Mais là encore la réponse que j’ai reçue fut sans appel : « C’est dans l’hémicycle, pendant la discussion générale de la Loi portant refondation de l’école que je réponds à votre message de fatigue... mais pas de découragement, car j’y lis votre pugnacité à convaincre de la supériorité du modèle dont vous faites -brillamment, je l’ai éprouvé- la promotion.

J’ai été convaincue par l’exposé de votre expérience, mais …  plus question de le faire, on passe à autre chose,

………  j’y vois l’avantage d’une mise en œuvre dès sept 2013...ce qui était ma priorité…….

Quand je mesure les difficultés rencontrées par le ministre pour faire passer la semaine à neuf demi-journées .... les efforts réalisés par les communes comme la mienne (22% des communes en France) pour passer en 2013...je considérai déraisonnable de rouvrir le débat sur les rythmes maintenant, fusse pour discuter un amendement conçu à Lille, c'est certainement regrettable mais politiquement secure ».

Voilà, tout est dit, par sécurité politique, on ne touche à rien même si on sait que ça peut être mieux, en particulier pour les enfants.

Étiez-vous alors déjà parti ?

En tout cas, en terme de sécurité politique, je ne crois pas que le pari ainsi fait est gagné d’autant moins que cette sénatrice, pour qui j’ai beaucoup d’estime par ailleurs, ne s’est pas vue reconduite dans son mandat de maire. La droite est bel et bien passée !

Vous vous êtes bien gardé de faire appel à moi pour participer au comité de suivi que vous avez installé, alors même que vous saviez que j’ai suivi de nombreuses expériences d’aménagements des temps de l’enfant, ceci depuis plus de 25 ans,  je n’ai bien sûr pas été invitée à La Rochelle alors que je l’ai été par EELV, pour leurs journées d’été à Marseille, où il m’a été demandé d’animer avec Philippe Meirieu un atelier de réflexions pour les élus, qui y sont venus très nombreux.

Ils ont alors bien compris l’intérêt de modifier le contenu du décret pour laisser se faire des projets de qualité, puisqu’ils ont peu après publié un communiqué intitulé : Pour des politiques éducatives locales soutenables. Il y est entre autres demandé :

- une réécriture sans délais des décrets du 24 janvier 2013 et du 2 août 2013 par les ministres concernés afin de permettre une réelle souplesse d’application au niveau local en remplaçant l’expression “9 demi-journées“ par “4,5 jours“ ; en accordant la possibilité, sans dérogation particulière, pour les communes qui le souhaitent, de ne pas reproduire les quatre journées (lundi, mardi, jeudi et vendredi) à l’identique, mais de concevoir la semaine scolaire de manière cohérente et souple en fonction de ses possibilités, des exigences pédagogiques et éducatives et du rythme de vie des enfants et pour l’accès à des activités culturelles, sportives pour tous.

- la possibilité, sans dérogation particulière, pour les communes qui le souhaitent, en concertation avec les différents partenaires de choisir les cours le samedi matin plutôt que le mercredi matin ;

Mais visiblement vous étiez déjà parti.

Enfin je vous ai à nouveau rencontré le jour de la rentrée des classes, à Roubaix où vous étiez en visite avec deux de vos collègues ministres. Vous m’avez alors affirmé lire tout ce que j’écrivais et écouter tout ce que je disais, ce qui, d’après vous, vous mettait parfois un peu en colère. Mais vous m’avez aussi confirmé que vous saviez que je me déplaçais énormément, partout en France, me disant que vous étiez au courant de là où j’allais : cela m’avait conduite à vous proposer que nous nous rencontrions pour que je vous fasse part de toutes mes expériences de terrain et vous fasse partager mon sentiment sur tout ce qui risquait de faire que cette réforme serait de plus en plus difficile à installer. Vous m’aviez alors promis, devant le recteur, le DASEN et le maire présents à côté de nous, que nous nous verrions en octobre pour ce faire, et que vous prendriez directement contact pour me donner ce rendez vous. Étiez-vous déjà parti lorsque vous m’avez fait cette promesse ? En tout cas, maintenant vous êtes parti, mais nous ne nous sommes pas rencontrés.

En revanche je pense que c’est vous qui avez demandé à votre conseillère de me recevoir, ce qu’elle a fait en me demandant si me gênait le fait que soit présent à notre rencontre le DGESCO : évidemment non !

Nous nous sommes donc rencontrés un vendredi de décembre, pendant environ deux heures. Évidemment sont revenus dans l’échange mes questionnements sur les refus qui étaient constamment les vôtres, et de façon automatique on n’a cessé de me répéter que libérer des après-midis conduirait les communes à libérer le vendredi après-midi, ce que le ministère ne voulait surtout pas puisqu’en particulier il tenait à ne pas rallonger le week-end. Je passe sur l’échange assez ubuesque qu’on a eu ensuite quand j’ai dit qu’il aurait suffi de libérer le samedi matin pour que le week-end ne soit pas trop long ! Je me dois, par honnêteté intellectuelle, reconnaître qu’alors le DGESCO a reconnu que j’avais raison, que les DASEN n’étaient pas suffisamment souples pour accorder les dérogations demandées par les communes pour adopter le samedi matin. Il avait alors affirmé qu’il leur ferait savoir que ce ne pouvait qu’être une bonne chose ! Je note ici que sans vergogne, les médias n’ont cessé de clamer en 2013 que la plupart des communes avaient choisi le mercredi matin alors que je sais fort bien que la plupart l’ont fait parce qu’il fallait, pour obtenir le samedi, demander une dérogation sur la base d’un projet éducatif prouvant l’intérêt pédagogique de ce choix pour les enfants ! Qui aurait eu le temps de construire un tel projet entre mars et juin 2013 ? Mais aussi que les DASEN le refusait car cela aurait contrarié les logiciels de gestion des remplaçants ! Mais croyez-moi, aujourd’hui, beaucoup constatent que devoir prendre en charge les enfants le mercredi après-midi après une matinée de classe, sachant que des activités identiques à celles des centres de loisirs sont proposées chaque jour, est loin d’être simple pour les animateurs d’autant que les enfants sont beaucoup plus nombreux aujourd’hui sur ces après-midi là, cela coûte très cher aux communes, et les activités sportives auparavant proposées le mercredi matin sont relayées en fin de journée ! Les rythmes de l’enfant sont bien respectés !

Avant de nous séparer, le DGESCO avait quand même accepté l’idée que soient menées des expériences de qualité, avec des projets éducatifs construits avec l’ensemble de la communauté éducative et un programme d’évaluation intégré permettant une comparaison en avant-après projet. Je lui avais alors fait savoir que plusieurs communes en France étaient déjà sur ces rails, avec des projets prêts à démarrer. Il n’avait pas rejeté l’idée de laisser ces expériences se faire, mais ne s’était pas non plus engagé par écrit !

Ma conversation avec votre conseillère s’est poursuivie, elle m’a dit savoir que j’avais rendez vous avec le DASEN de Seine Maritime et le maire de Dieppe, ville qui avait construit un tel projet, le lundi suivant notre entrevue. J’ai confirmé. Nous nous sommes quittées après que votre conseillère m’ait dit « nous gardons le contact » !

Mais quelle ne fut pas ma surprise le lundi suivant, lors de notre rencontre, le maire de Dieppe et moi-même avec le DASEN de Seine Maritime, d’entendre celui-ci nous dire que votre conseillère lui avait téléphoné le samedi matin simplement pour lui dire « on ne lâche rien » ! Je me suis permise de lui demander s’il s’agissait entre nous d’une guerre de tranchée et ai rappelé que l’enjeu n’était que le mieux vivre des enfants ! Est-ce vous qui aviez donné l’ordre de ne rien lâcher ? Vous n’étiez alors pas encore tout à fait parti ?

Mais avant que je ne quitte le ministère ce vendredi là, j’avais dit à votre conseillère ainsi qu’au DGESCO qu’il me semblait important que vous preniez la mesure des difficultés du terrain, car j’avais prédit que cela aurait des conséquences sur les municipales à venir. Il m’avait été dit que tous vous pensiez qu’au contraire, les choses se passaient plutôt bien puisque 83% des maires partis en 2013 avaient fait part de leur satisfaction dans l’enquête menée par votre comité de suivi. J’ai quand même cru bon de rappeler que ce n’était que 83% des 26% des maires qui avaient répondu à l’enquête ! Il me semblait que cela minimisait fortement le taux de satisfaction.

Bien que votre conseillère m’ait dit que nous garderions le contact, que le DGESCO m’avait aussi dit qu’il souhaitait également le garder pour que nous discutions pédagogie comme je le fais avec tous les enseignants que je suis appelée à rencontrer, je n’ai plus eu aucun contact ni avec l’un ni avec l’autre avant votre départ. Pas plus depuis que vous êtes parti d’ailleurs.

J’ai quant à moi poursuivi mes missions de formatrice,  de diffusion de connaissances, d’aide à la construction de projets éducatifs, que je poursuis encore aujourd’hui, tant sur place en me déplaçant beaucoup que par mail.

Tout cela pour gagner quoi en ce qui concerne le gouvernement ?

Cette « réforme », aurait dû être une première pierre de la refondation de l’école, je me permets de rappeler ici quelles sont les ambitions de la loi que vous avez fait voter :

« La qualité d'un système éducatif tient d'abord à la qualité de ses enseignants : il s'agit donc en premier lieu d'assurer aux personnels enseignants et d'éducation une formation initiale et continue qui leur permette d'exercer leur métier dans de bonnes conditions. »

Je suis totalement d’accord, ce pour quoi je n’ai jamais refusé de participer à des formations continues pour enseignants.

« Le projet de loi s'articule autour de cinq grands axes :

Mettre le contenu des enseignements et la progressivité des apprentissages au cœur de la refondation ;

Redynamiser le dialogue avec les partenaires de l'école, ainsi que ses instances d'évaluation.

La refondation de l'école passe par une réflexion sur le socle commun de connaissances, de compétences et de culture et sur le contenu des enseignements. Il s'agit de préciser ce que l'école doit apprendre à ses élèves, et la façon dont elle peut permettre à tous cette acquisition.

L’évaluation des élèves, doit être repensée

Le projet prend enfin acte du fait que la refondation ne peut avoir lieu sans un dialogue redynamisé de l'école avec ses partenaires (au premier rang desquels les parents d'élèves et les collectivités territoriales) et sans un système d'évaluation efficace. ».

C’est exactement ce que j’incite les enseignants que je rencontre à faire, mais je suis obligée de leur montrer que les changements attendus pour répondre à ces objectifs imposent que des modifications soient faites dans la répartition traditionnelle des temps scolaires relatifs aux apprentissages des enfants, en particulier en privilégiant de nombreuses et longues matinées, qui permettent de jouer sur des alternances de séquences pédagogiques propices au maintien de la disponibilité attentionnelle des enfants, de leur motivation en leur permettant de développer des transferts d’apprentissage si importants pour leurs acquisitions. Je leur prouve que ce n’est pas en réservant le matin aux maths et au français que cette disponibilité et cette motivation sont privilégiées. Je leur démontre également l’intérêt du travail coopératif pour ce faire. Et j'insiste sur l'importance de leur implication dans la construction du projet éducatif afin qu'ils soient réellement partenaires dans la réflexion concernant les parcours d'activités proposés sur les temps non scolaires, seul moyen de mettre en synergie les temps scolaires et non scolaires : c'est cette mise en synergie seule qui permettra aux enfants de percevoir une continuité éducative entre les différents temps dans lesquels il doit passer chaque jour, pas l'émiettement tel qu'il est imposé avec les 9 demi-journées.

Par ailleurs je crains fort que la façon dont les ESPE sont mises en place ne vont pas vraiment améliorer la formation initiale nécessaire aux changements à réaliser au sein des écoles, ce d’autant moins que chacune étant rattachée à une université dont l’autonomie n’a pas été remise en cause, on risque donc d’avoir autant de formations différentes que d’ESPE, chacune imposant sa spécificité en fonction de celle de l’université de rattachement. Et je n'en ai pas vu encore qui propose des modules communs de formation entre les futurs enseignants et les futurs éducateurs, quel que soit le lieu de travail à venir de ces éducateurs.

Où en est-on après ces municipales catastrophiques ? Certes on veut croire que seul le contexte national difficile a joué défavorablement, on a voulu croire que cette réforme n’était pas un enjeu.

Pourtant lorsque malheureusement, une association de quartier m’a invitée dans le cadre de la semaine de la parentalité à venir parler aux familles des rythmes de leurs enfants, à une date placée entre les deux tours, lors de mon arrivée dans cette commune le président de l’association en question est immédiatement venu me dire que depuis le matin il avait reçu plusieurs coups de téléphone de la mairie, justement pour dire qu’il y avait bien un enjeu autour de cette réforme, et que je me devais de ne surtout pas parler de rythmes scolaires. Ce que j’ai moi tout à fait respecté.

Tours, Toulouse, Angers, Nevers, La Roche sur Yon, Roubaix, Tourcoing, Éragny, Taverny, toutes villes qui ont voulu se précipiter  ou dans lesquelles ce dossier était un enjeu électoral, sont passées à droite, Grenoble a échappé au PS, Dunkerque a aussi été perdue par le PS, ce ne sont là que quelques exemples. Et qu'en sera-t-il des communautés urbaines ou d'agglos de Lille, Paris, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Nice, Grenoble, Aix Marseille ?  Savez vous bien que dans nombre de communes basculées à droite, dans les tracts des candidats de la droite apparaissait « non à la réforme des rythmes scolaires » ? Que parfois c’était même affiché sur les panneaux électoraux ?

Il est urgent de cesser le déni, ce fut un réel enjeu électoral, je l’ai encore vécu quand on m’a interdit de participer à la soirée publique à laquelle on m’avait invitée quand on s’est aperçu que si, au cours du débat, on m’avait interrogée sur la façon dont les choses se passaient là où j’étais allée, je n’aurais pas pu faire croire que tout allait aussi bien que chacun cherchait à le faire croire : cette interdiction, faite de façon particulièrement grossière, n’a pas empêché la commune en question de basculer à droite.

En revanche un maire a eu la gentillesse de me dire que mon passage quelques semaines avant le premier tour dans sa commune avait considérablement apaisé les esprits et permis que ce ne soit plus un enjeu dans la campagne : il a été réélu au premier tour.

Vous êtes maintenant vraiment parti de ce ministère, mais votre successeur a conservé avec lui la majeure partie de l’équipe qui vous accompagnait : on peut le comprendre, il lui fallait s’approprier rapidement les contenus des dossiers.

Mais cela lui permettra-t-il d’ouvrir les yeux et d’accepter de voir qu’il ne suffit pas d’imposer que la réforme se fasse totalement en 2014 pour qu’elle se fasse dans le respect des enfants ? On voit bien que des stratégies sont déjà en train de se mettre en place, et ne pas accepter que de vrais projets se construisent, grâce à un assouplissement réel du décret pour ne pas imposer contre vents et marées le découpage en 9 demi-journées, serait une vraie erreur politique. Sachez que ces projets tels que présentés ont toujours été jugés de grande qualité, tant par les élus que par les personnes directement concernés par eux, mais aussi par les DDCS et l'éducation nationale : pour elle, leur seul défaut est de ne pas être sur 9 demi-journées ! Avouez que c'est un peu court !

Rappelons que dans le rapport d’évaluation sur les politiques d’aménagements des temps de l’enfant de 1993, la conclusion des recommandations est : « une telle politique clairement affichée peut contribuer à la réduction des inégalités et faciliter la relation de l’école avec ses environnements, social, économique, culturel. Attentive au respect et à l’harmonie des rythmes de vie et activités des enfants à l’école, dans la famille, dans la cité, elle est également prise de conscience que le traitement de l’aménagement du temps, (journalier, hebdomadaire, annuel, de travail, de loisir,...) est aujourd’hui un problème central et ne peut se concevoir sans tenir compte du fonctionnement général de notre société » ! C’était il y a 21 ans ! Bien avant 2012 contrairement à ce que déclare Sébastien Rome ! Voilà pourquoi j’attendais de cette « réforme » qu’elle soit portée en interministériel, avec Jeunesse et Sports, Culture, Famille, Santé et Travail. Nous en sommes bien loin quand j’entends les DDCS dire : « ah mais ça, c’est l’éducation nationale, ça c’est nous » avec évidemment une éducation nationale pas en reste pour partitionner les rôles de chacun. Nous sommes bien loin d’une réforme, et l’école n’est pas prête à se refonder, ce n’est nullement à cause d’une résistance des enseignants de la base mais bien au contraire de celle de la hiérarchie.  Il est temps que la gauche sache ce qu’elle veut pour son école, pour l’éducation de ses enfants plus largement.

D’ailleurs vous Monsieur Peillon, qui êtes parti pour l’Europe, comment allez-vous agir là bas pour éviter un basculement total de l’éducation aux mains du libéralisme car comme beaucoup d’auteurs l’ont constaté, l’UE s’intéresse bien à l’interaction entre la formation dispensée et la vie économique réelle. En revanche, elle semble n’avoir que ce prisme là en tête, conformément à une vision utilitariste et économiciste de l’éducation.

Ce n’est pas de cette éducation là que vous voulez n’est-ce pas Monsieur Peillon ?

Personnellement j’ai beaucoup donné depuis ma participation aux ateliers de concertation pour la refondation, cela me vaut actuellement une grande fatigue, tant nerveuse que physique. J’y ai laissé aussi du financement, un ordinateur qui a rendu l’âme en me perdant beaucoup de documents, visiblement il n’a pas aussi bien que moi supporté les incessants déplacements que je lui ai imposés quotidiennement !

Et je tiens à profiter de cette très longue lettre, mais voilà des mois que j’attendais de pouvoir vous exprimer tous mes ressentis, (la lettre est très longue mais non exhaustive de tout ce que j’avais à vous dire), pour remercier mon mari qui depuis des mois supporte patiemment de ne me voir qu’en coup de vent, même pas tous les dimanche, et d’avoir à programmer sans cesse des allers retours vers la gare soit pour m’y conduire soit pour m’y rechercher. C’est parce qu’il sait que je croyais en une vraie ambition politique pour faire de notre école un lieu de vie accueillant, bientraitant, permettant à chaque enfant de réussir sa vie, tant celle d’aujourd’hui que celle de demain, et formant les citoyens de demain à même de nous faire croire en une société plus humaine, plus solidaire, plus juste, plus équitable.

Il n’est pas trop tard, mais il faut accepter d’entendre les communes - et l’ensemble de leurs citoyens -, qui ont elles aussi, eu envie d’une telle école, qui ont tout mis en œuvre pour la construire, mais qui ont besoin pour ce faire, que l’on assouplisse le décret et qu’on déverrouille le 9 demi-journées. Elles pourront ainsi montrer le chemin à suivre pour réellement aller vers une refondation de l’école.

Je ne sais si vous lirez, comme vous m’aviez dit le faire, cet écrit, je suppose n’avoir à nouveau aucune réponse,

Je vous souhaite de trouver là où vous allez ce que visiblement vous n’avez pas trouvé dans ce ministère que pourtant vous vous étiez préparé de longue date à occuper.

Claire Leconte, toujours au service des enfants qui en ont le plus besoin.