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Préparer la rentrée, c'est maintenant que ça doit commencer

Le 17/08/2021

Dans environ deux semaines, tous les enfants en âge d'aller à l'école vont reprendre le chemin des écoliers. 

Pour le faire dans les meilleures conditions possibles, on ne doit pas attendre le week-end qui précède pour se préparer à cette rentrée, mais on doit le faire à partir de maintenant. Cela concerne en particulier le rythme veille-sommeil de chacun d'entre eux. 

À partir de ce soir, il faut leur expliquer qu'on doit reprendre des horaires, pour se coucher, correspondant bien aux besoins des heures de lever pour aller à l'école. Pourquoi dès maintenant me demanderez-vous ? Je vous l'explique.

Notre orgnanisme comporte de très nombreuses "horloges" biologiques, dont la plupart fonctionnent sur 24 heures, or on sait depuis longtemps que piur être en bonne forme, toutes ces horloges doivent fonctionner de façon synchronisée, c'est-à-dire être en phase les unes avec les autres.

Où se situent ces horloges ? 

Toutes nos cellules en possèdent, la plupart de nos organes tels la vésicule, les reins, la peau, le coeur, et bien sûr nous en avons plusieurs dans le cerveau.  Je vais prendre l'exemple de quatre d'entre elles qui vont mieux vous faire comprendre pourquoi il faut deux semaines pour que toutes nos horloges soient à nouveau synchronisées entre elles par rapport à la nouvelle heure, celle de l'école. 

Nous avons une horloge qui concerne notre vigilance physiologique, qui nous permet d'être attentif, de nous concentrer. Celle-ci est à son niveau le plus bas la nuit, toujours à peu près à la même heure, elle ne va commencer à augmenter que juste après notre éveil, qu'on devrait avoir le plus spontané possible, c'est-à-dire éviter d'utiliser un réveil ou que ce soit papa ou maman qui viennent réveiller. Elle va ensuite conserver son bon niveau toute la matinée, puis elle va connaître une baisse assez conséquente en début d'après-midi, après le repas. Les adultes disent souvent qu'à ce moment de la journée, ils ont un "coup de pompe", et sont persuadés qu'il est dû au fait qu'ils sont en train de digérer. Or c'est une erreur, car même si on n'a pas mangé, on aura ce coup de pompe. lors d'une intervention que je faisais dans un centre social, une maman présente m'avait dit : "ah !c'est pour ça que quand je fais ramadan, j'ai quand même ce coup de pompe. Je ne comprenais pas pourquoi puisque je n'avais pas mangé". Cette maman avait bien observé, en fait à ce moment de la journée, nous subissons tous une baisse physiologique globale, notre vigilance baisse, mais on va voir qu'elle n'est pas seule à être concernée. Cette baisse impose qu'on prenne à ce moment de la journée, une vraie pause, un réel temps de repos, de relaxation si possible, ceci qu'on soit enfant de tous âges, adultes ou personnes âgées.on appelle ce moment "creux méridien", creux à cause de cette baisse, et méridien car il se situe au milieu de notre rythme dit circadien, qui fonctionne sur 24h.

Cela signifie aussi que toutes les écoles doivent permettre aux enfants d'avoir cette pause, ce moment de relaxation, ceux qui font la sieste doivent impérativement y aller dès la fin du repas, passer aux toilettes et se préparer rapidement à se coucher. C'est le meilleur moyen pour que les enfants s'endorment rapidement, et qu'on ne soit pas obligés de les réveiller en fin d'après-midi, car le plus souvent, au bout de deux heures de sieste, ils sont tous réveillés.

C'est aussi vrai chez les ados. Dans un collège avec lequel j'ai travaillé, une salle de "zen attitude" avait été installé après un travail mené avec les collégiens sur leur sommeil et leur besoin de repos. Cette salle a été tout à fait correctement investie par les collégiens qui ont beaucoup apprécié.

Dans un lycée où j'ai appris aux élèves à mieux connaître le fonctionnement de leurs rythmes biologiques, et comment les respecter, tous les élèves m'avaient dit que si leur lycée leur offrait une salle de repos, ils l'utiliseraient très volontiers. Certains de ces élèves m'avaient demandé si je discutais avec leur proviseur, leur ayant répondu que c'est lui qui m'avait invitée, j'ai répondu positivement et leur ai demande pourquoi cette question. "Vous pouvez lui parler de nos emplois du temps ? Parce que par rapport à ce que vous nous avez expliqué, pourquoi deux fois par semaine on nous fait faire EPS à 13h30, on doit courir pendant une heure et demie et ensuite on a histoire-géo. Et à chaque fois c'est le même problème, on se fait engueuler par la prof, parce que tout le monde dort pendant son cours" !!!! Désolée de dire qu'ils ont raison, c'est un emploi du tems aberrant, comme on en trouve beaucoup un peu partout. 

Après ce coup de pompe, notre vigilance va remonter, davantage chez les ados que chez les jeunes enfants chez qui elle ne revient jamais à son niveau du matin. Et elle baissera à nouveau substantiellement, en fin de journée, quand il sera l'heure d'aller se coucher.

Notre température centrale connaît elle aussi un tel rythme, elle est au plus bas dans la nuit, elle commence d'ailleurs à baisser dans la soirée, c'est cette baisse, repérable, puisque nous ressentons alors un coup de froid, qui indique que nous sommes prêts à nous endormir.  Nous devrions alors aller dormir plutôt que de prendre une petite laine pour ne pas avoir plus froid et continuer de faire ce que nous faisons, le plus souvent devant un écran. Notre température va commencer à monter environ 1h30 avant notre éveil spontané, une fois réveillé elle va atteindre son plateau qui va perdure toute la matinée, et au moment du creux méridien, elle va baisser en même temps que la vigilance physiologique. Tout comme cette vigilance elle va remonter, davantage chez les ados, à la fin de ce creux puis baissera comme je viens de l'expliquer. 

Nous avons également deux hormones qui fonctionnent sur ce rythme circadien. D'abord celle qu'on appelle souvent " l'hormone du stress", soit le cortisol. Celle-ci est à son niveau le plus bas dans la nuit, en même temps que la vigilance et la température centrale, mais au contraire de ces deux premières, elle va voir son niveau monter rapidement, pour atteindre son plus haut niveau, son pic, juste avant notre éveil spontané. Beaucoup de chronobiologistes pensent que c'est cette atteinte du pic de cortisol qui provoque l'éveil de l'organisme. Elle va conserver ce bon niveau toute la matinée, va elle aussi le voir baisser au moment du creux méridien, en même temps que la température et la vigilance, mais contrairement à elles, elle ne va jamais voir son niveau remonter, au contraire, il ne va cesse de baisser doucement tout au long de l'après-midi. Un petit conseil à toutes et tous, si un médecin vous propose une prise de sang pour vérifier votre niveau de cortisol, n'allez jamais la faire à 16h, vous aurez alors un faux niveau, c'est toujours le matin, si possible peu après l'éveil, que ce type de mesure doit être fait. Cette hormone va baisser fortement au moment de notre endormissement, et être au plus bas quelques herures plus tard. 

Enfin une autre hormone, qu'on appellle " l'hormone du sommeil" connaît également ce rythme circadien. Il s'agit de la mélatonine, qui, il faut absolument le savoir, n'est synthétisée que la nuit, mais a impérativement besoin d'obscurité pour commencer cette synthèse. Celle-ci est la plus importante entre 1h et 3h du matin, et elle va complètement l'interrompre une fois que nous serons réveillé spontanément. Cette hormone se "recharge" (un peu comme votre téléphone!, grâce à la lumière naturelle du jour, donc en profiter dès qu'on le peut. Pour tous les travailleurs, il vaudrait mieux le midi, manger dehors, en se protégeant du froid quand il y en a, plutôt que de s'enfermer dans une salle éclairée artificiellement. C'est le moment, en hiver, où la luminosité est la meilleure, avec celle de la matinée, mais en général, sauf pour les travailleurs à l'extérieur, on est alors enfermé dans des salles éclairées artificiellement.  

Comme la mélatonine a besoin d'obscurité pour commencer à être synthétisé, cela impose qu'on accepte de couper tous les écrans au moins 1 h avant d'aller dormir. Ces écrans renvoient des flux bleutés très proches de la lumière naturelle, qui de ce fait, trompent l'horloge centrale, qui est le chef d'orchestre de toutes les autres horloges, qui se trouvent juste derrière les yeux, juste au dessus du croisement de nos nerfs optiques. Elle reçoit donc ces flux bleutés, pense alors que le jour n'est pas fini et n'envoie pas les bons messages de mise en route aux autres horloges, on retarde alors fortement notre moment d'endormissement. 

Apprendre à repérer notre réelle heure d'endormissement est très utile, car c'est ce qui nous permettra d'avoir un sommeil de bonne qualité. 

Toutes ces horloges sont synchronisées et doivent le rester, or on sait depuis longtemps qu'elles n'ont pas la même vitesse de remise à l'heure les unes et les autres. Quand on a bousculé nos horloges, avec par exemple le passage de plusieurs fuseaux horaires, ou simplement des retards importants d'heure de coucher, si cela a duré plusieurs semaines, quand on voudra revenir à la " bonne heure", voilà ce qui va se produire. On change notre heure de coucher, on croit qu'on va rapidement dormir correctement.Or si notre vigilance va se réhabituer à cette nouvelle heure au plus au bout de 48, il faut une semaine à la température pour le faire et deux semaines aux systèmes hormonaux. Ce n'est donc qu'au bout de deux semaines que nous aurons à nouveau toutes nos horloges synchronisées, avant cela nous sommes en "désynchronisation interne", car nos horloges sont désynchronisées entre elles. Certains le vivent très mal, ce qui se répercute sur la qualité du sommeil.

Voilà pourquoi je dis que c'est dès à présent qu'il faut faire retrouver aux enfants et aux jeunes le rythme de sommeil nécessaire à l'école, pas attendre le dernier week-end. Et surtout, il faut s'y tenir, c'est-à-dire ne pas s'amuser à changer les heures de coucher parce qu'on est samedi, il faut qu'il y ait une régularité dans les horaires, ce tout au long de l'année scolaire, seul moyen d'avoir des élèves dans de bonnes conditions d'apprentissage. 

C'est d'autant plus important que notre sommeil n'est pas juste une succession d'heures identiques tout au long de la nuit. Il est constitué d'une succession de cycles de sommeil qui ne sont pas identiques en début et en fin de nuit. Après notre endormissement à la bonne heure, nous allons faire beaucoup de sommeil "profond", qui est un sommeil lent, très important puisque c'est lui qui nous permet de récupérer de toute notre fatigue physique et musculaire, accumulée au cours de la journée. Chez l'enfant, c'est au cours de ce sommeil lent profond qu'est synthétisée l'hormone de croissance. C'ezst enore un sommeil qui nous permet de mémoriser toutes les activités demandant à être automatisées, la régénération de la peau se fait également au cours de ce sommeil. Enfin et c'est important en cette période de pandémie, c'est au cours de ce SLP qu'est régénéré notre système immunitaire, qui va nous protéger contre les bactéries et virus. Donc plus on a de ce sommeil au cours de la nuit, plus nous protégerons notre organisme. 

Or il faut savoir qu'à mesure que la nuit avance, ce SLP diminue fortement en durée, il est très long lors des deux premiers cycles qui durent chacun environ 90 mns, mais dès le 3ème on le voit baisser fortement et carrément disparaitre lors du 4ème ou 5ème cycle. 

À côté de ce SLP important, une autre forme de sommeil l'est, c'est celui qu'on appelle "Sommeil Paradoxal", (SP) ou encore sommeil de rêves. Le paradoxe vient que dans ce sommeil, le cerveau se met en activité alors que les muscles sont totalement inhibés, alors qu'ils sont actifs pendant le SLP, qui est d'ailleurs le sommeil où on peut rencontrer des somnambules, des soliloques (ces personnes qui parlent en dormant), ou encore celles qui ont du bruxisme (celles qui grincent des dents en dormant), parce que le musculaire est actif. 

Le SP, très bref au moment de l'endormissement, ne cesse de voir sa durée augmenter quand la nuit avance. Il est le plus long lors du dernier cycle, si on ne se réveille pas spontanément, on a beaucoup de chances d'être réveillé en plein rêves, soit en cours de SP. C'est un sommeil lui aussi très important car il permet de mettre en mémoire à long terme toutes les nouvelles informations importantes qu'on a apprises dans la journée. 

Comme on le voit, respecter son bien-être nécessite de connaître le fonctionnement de nos rythmes biologiques. 

J'en terminerai aujourd'hui en faisant constater l'importance du bien dormir, mais aussi que contrairement à ce qu'on pense souvent, le matin n'est absolument pas identique à l'après-midi, c'est aussi quelque chose qu'on sait depuis longtemps mais qu'on a trop tendance à oublier. Ceal signifie qu'avoir le plus possible de matinées pour mener à bien les apprentissages est important, d'où l'hérésie française de la semaine de 4 jours, mais aussi, y compris en primaire, avoir des matinés plus longues qu'elles ne le sont le pus souvent, ce que font tous les pays bien mieux classés que nous dans les enquêtes internationales. 

J'espère vous avoir apporté des informations utiles pour préparer la rentrée de vos enfants, si vous avez des questions à me poser concernant cet article, vous pouvez le faire via ce site, en me contactant par son biais sur ma boîte mail. 

Une petite dernière chose, assez vite, si vos enfants se couchent à la bonne heure, ils auront tendance à se réveiller plus tôt que pendant les vacances, encore que bien souvent ils ne font rien d'autre que de "trainer au lit" comme me l'ont affirmé beaucoup de lycéens rencontrés. Profitez en pour prendre avec eux un bon petit déjeuner, contenant des produits protéinés qui aideront la mélatonine à se recharger, contenant également des sucres lents et rapides et des produits fruités, s'ils en prennent l'habitude, ils continueront après la rentrée et cela les aidera aussi beaucoup. 

Bonne fin de vacances à tous nos jeunes et bonne rentrée à venir 

Pourquoi je critique la Méditation de Pleine conscience dans les écoles

Le 01/02/2022

Voici des arguments pour expliquer pourquoi je parle de conditionnement des enfants quand on leur impose la Méditation de Pleine conscience dans les écoles.

Pourquoi suis-je critique quant à l’installation de la Méditation de Pleine conscience dans les écoles ? Pourquoi parlè-je de conditionnement chez les enfants ?

Suite à un post que j’ai fait concernant une tribune il m’a été demandé pourquoi je suis critique. Certains m’ont même fait remarquer qu’ils l’utilisent régulièrement sans que cela ne pose problème.

Je voudrais tout d’abord dire que je ne me permets pas de comparer ce qu’on impose à des enfants et les choix que font certains adultes pour eux.

Comme l’écrivent les canadiens, on parle dans ce cas de Mindfulness, soit Pleine conscience, Pleine présence, Présence attentionnée. Ce sont « Autant de termes qui définissent le fait d’intentionnellement porter attention au moment présent, sans y apporter de jugement critique. » Ces auteurs canadiens ont analysé les arguments de deux experts de la faculté de médecine de Montréal qui « remettent les pendules à l’heure », car ce mouvement prenant de l’ampleur, et se démocratisant, de nombreuses idées inexactes voire fausses se répandent.

Ces deux experts sont :

* Le docteur Hugues Cormier, professeur au Département de psychiatrie et d’addictologie, psychothérapeute, clinicien-chercheur en médecine préventive, intégrative et attentionnée, et instructeur au Centre ÉPIC de l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM) et à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

* Le docteur Nicholas Chadi, professeur adjoint de clinique au Département de pédiatrie, pédiatre spécialisé en toxicomanie et médecine de l’adolescence, et chercheur au CHU Sainte-Justine.

Il serait aussi important de s’interroger sur la capacité de TOUS les enfants de méditer, car la Pleine conscience peut être vécue de deux façons, soit formelle soit informelle. Seule la formelle nécessite de prendre une positon et un temps pour méditer. L’informelle quant à elle, signifie simplement de porter son attention sur l’expérience présente, quelle que soit l’activité.

On prétend souvent que la Pleine conscience c’est se reposer, se relaxer. Voici ce qu’en dit le docteur Chadi. « Certes, la pleine conscience peut être une activité relaxante, mais elle demande tout de même un effort actif. Ce n’est pas mettre son ‘’cerveau à off’’, mais plutôt diriger son attention vers quelque chose de précis, comprendre et ressentir ce qui se passe dans le moment présent. En se concentrant  sur quelque chose de spécifique, on active son cerveau, plutôt que de le relaxer. »

Autre idée reçue, il faut faire le vide. Voilà ce qu’affirme le docteur Cormier : « La pleine conscience n’est pas une suspension des pensées, c’est plutôt une suspension temporaire du jugement critique sur nos pensées. Elle invite à prendre conscience que nous aurons toujours des pensées qui viendront, mais il faut seulement les accueillir, savoir que c’est normal. Il faut développer une relation avec les pensées; rester sur le quai du train des pensées plutôt que d’embarquer dans ce train. »  

Comment mener cela avec de jeunes enfants ?

Sur son site, Hélène Belaunde fait une analyse de l’essai de Ronald Purser, enseignant en Gestion à l’Université d’État de San Francisco, qui a publié dans The Guardian, en juin 2019, un essai, « la conspiration Pleine conscience ».

Pour lui, « si la Méditation Pleine conscience est basée sur des principes positifs, elle a aujourd’hui été intégralement récupérée par le capitalisme et utilisée par de nombreuses compagnies pour inciter leurs employés surexploités à se focaliser sur leur respiration plutôt que le combat pour leurs droits. »

Voici sa conclusion : « Pratiquer la Pleine conscience ne permet pas de critiquer ou remettre en question ce qui est potentiellement injuste, culturellement toxique ou écologiquement destructeur. Au contraire, l’impératif d’ « accepter les choses comme elles sont » tout en exerçant « une conscience de l’instant présent dénuée de jugement » fonctionne comme une forme d’anesthésie sociale, préservant le statu quo. »

Je ne lui donne pas tort. Ce pour quoi je m’autorise à dire que quand c’est imposé à l’enfant, on ne fait rien d’autre que le conditionner.

Hélène Belaunder, qui pratique comme elle le dit semi-régulièrement la Pleine conscience, conclut pourtant ainsi son article : « Ceci ne veut pas dire que la Pleine conscience – ou en tout cas, son incarnation contemporaine – est sans défauts. (…). Il y a des critiques légitimes à lui faire sur plusieurs points.

Il est vrai, par exemple, que la Pleine conscience est aujourd’hui présentée comme la solution magique qui résoud absolument tous les problèmes : en l’adoptant, nous sommes sensés réussir dans notre vie personnelle, professionnelle, sentimentale, sexuelle, et j’en passe. C’est sans doute un peu prématuré... savoir être attentif au moment présent est une excellente chose, mais ce n’est pas une potion magique.

Par ailleurs, la méditation ne réussit pas à tout le monde : dans certains cas, il semblerait même qu’elle empire les symptômes dépressifs ou anxieux (http://nautil.us/blog/the-problem-with-mindfulness) chez des patients. Prudence, donc.

Il y a peu, Sahanika Ratnayake publiait également sur Aeon une analyse (https://aeon.co/es- says/mindfulness-is-loaded-with-troubling-metaphysical-assumptions) sur les problèmes potentiels causés par la Pleine conscience : en insistant sur l’observation neutre, dénuée de jugement, de nos propres phénomènes mentaux, la méditation risquerait de nous détacher de nous-mêmes et nous empêcher de comprendre les raisons de notre souffrance.

Par ailleurs, les principes sur lesquels elle se base concernant la nature de l’être (à savoir, que l’être n’existe tout simplement pas) sont loin d’être évidents. ll est donc judicieux de garder une distance critique vis-à-vis de la Pleine conscience, et éviter de la voir comme une recette à taille unique qui permettrait de résoudre tous les problèmes du monde.

La Pleine conscience, après tout, est une pratique parmi d’autres, qui peut réussir à certains comme elle peut leur nuire. »

Cela ne concerne évidemment que les adultes, mais comment pourrait-on transposer une telle méthode chez les enfants sans prendre de risques ? Il existe bien d’autres techniques de relaxation, dans lesquelles l’enfant est acteur, pour ne pas imposer dans les écoles cette méthode qui annihile beaucoup de nos pensées propres et surtout ne développe pas notre jugement critique.

Je terminerai en reprenant un article publié le 23 avril 2019 sur Agence Science Presse, à savoir, « Trois critiques à la Méditation “Pleine conscience” ».

En particulier, je reprends quelques principes de leur conclusion qui me semblent intéressants concernant les enfants.

Cette conclusion reprend les arguments de Michael Lifshitz et Evan Thompson qui ont écrit un chapitre intitulé « What’s wrong with “the mindfulbrain »? Moving past a neurocentric view of méditation » dans un livre paru en 2019.

Il y a plusieurs problèmes associés à une conception de la méditation trop centrée sur le cerveau. On néglige ainsi l’influence du corps et tout le contexte social.

De récentes études ont par exemple montré que la position de notre corps influence son activité cérébrale. Être assis ou allongé sur le dos change l’activité cérébrale de base. On a même démontré que notre posture influence particulièrement l’activité de régions cérébrales justement associeeś à la méditation, comme le réseau du mode par défaut.

D’autres expériences ont montré comment le contexte social peut avoir des effets importants sur l’expérience subjective de la méditation.

L’une d’entre elles suggérait par exemple à la moitié d’un groupe de novices en méditation que celle-ci allait améliorer leur attention et à l’autre moitié qu’elle allait épuiser leurs capacités attentionnelles limitées.

Résultats : les participants du premier groupe qui avaient des attentes positives par rapport à l’attention ont effectivement amélioré leurs performances attentionnelles, et ceux du deuxième groupe les ont vues diminuer !

La signification que l’on donne à l’exercice de la méditation façonne ses effets subséquents sur notre pensée et même sur notre biologie.

Lifshitz et Thompson concluent leur article en appelant à une science de la méditation qui doit aller plus loin que la seule recherche des changements cérébraux associés. Car ce que la pratique méditative révèle, c’est justement que notre pensée et notre bien-être sont intrinsèquement liés à notre corps et à notre contexte écologique et social au sens large. Un contexte qui peut lui permettre autant d’être un outil d’émancipation et de remise en question qu’une soupape permettant d’endurer le système en place et ses méfaits. »

J’ai volontairement ignoré les critiques relatives au fait que l’introduction de cette technique au sein des écoles publiques contrevient aux principes élémentaires de la laïcité, mais également le fait que cette méthode trouve son origine dans une psychologie bouddhiste visant à développer des qualités universelles de présence attentive, de compassion et de sagesse.

Je milite quant à moi pour que l’école mette en place une pédagogie permettant de travailler coopérativement, qui aide tous les enfants à développer toutes leurs potentialités en leur donnant confiance en eux et en leur permettant de développer leur jugement critique tout en respectant les autres.

Je milite également pour que tous les enfants aient un vrai temps de repos, de relaxation, au moment de la pause méridienne, mais également des temps dans la journée pour « ne rien faire », leur permettant de développer leur créativité et leurs capacités d’observation, et leur apprennent à aimer s’ennuyer.

https://medecine.umontreal.ca/2019/11/20/5-mythes-sur-la-mindfulness/ https://helenebelaunde.com/2019/09/02/la-pleine-conscience-outil-oppressif-ronald-purser/

les enfants s'interrogent sur le changement d'heure

Le 29/10/2021

Une interview de France Info Junior à propos des questions d'enfants de CM2 sur le changement d'heures; 

Voici les réponses que je leur ai apportées.

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/france-info-junior/franceinfo-junior-qui-a-invente-le-changement-d-heure_4806855.html#xtor=CS2-765-%5Bautres%5D-

Grande fatigue depuis la rentrée, pourquoi ?

Le 10/10/2021

Une interview par une journaliste du Huff Post sur la grande fatigue constatée par nombre de personnes depuis la rentrée; Pourquoi ? Et comment y résister ? 

Des conseils à tous après une analyse du pourquoi cette grande fatigue

 

Comment expliquer cette fatigue intense qui nous envahit depuis la rentre e le huffington post lifecomment-expliquer-cette-fatigue-intense-qui-nous-envahit-depuis-la-rentre-e-le-huffington-post-life.pdf (545.5 Ko)

ne pas systématiquement dramatiser les résultats scolaires

Le 10/10/2021

Une interview sur un site plutôt spécifique aux parents, pour des conseils à leur donner pour éviter de ne voir chez leurs enfants que des résyltats scolaires pas toujours aussi bons qu'ils le souhaiteraient. 

Bonne lecture et permettez à vos enfants d'avoir confiance en eux 

6 raisons de ne pas s inquie ter si votre enfant est un cancre a l e cole magicmaman com6-raisons-de-ne-pas-s-inquie-ter-si-votre-enfant-est-un-cancre-a-l-e-cole-magicmaman.com.pdf (2.11 Mo)

semaine de 4j, une aberration

Le 26/08/2021

Je continue de penser que c'est une grave erreur d'avoir suggéré la semaine de 4 jours. 

Je publie ici des arguments que j'avais publiés pour montrer qu'il aurait mieux valu proposer le samedi matin comme 5ème matinée. 

j'ajoute que j'ai beaucoup milité aussi pour qu'on allonge les matinées, comme cela se fait dans la plupart des pays. J'ai prouvé aux enseignants que j'ai accompagnés que cela permet de travailler tout autrement, et de maintenir bien plus longtemps la concentration et la disponibilté aux apprentissages des enfants.Samedi ou mercredisamedi-ou-mercredi.pdf (189.37 Ko)

 

bonne lecture

L'heure solaire, un bon indicateur pour notre santé ?

Le 02/04/2021

Depuis que nous sommes passés à l’heure d’été, on entend à nouveau des « spécialistes » déclarer que cette heure est problématique pour notre organisme car elle est éloignée de deux heures de l’heure solaire. Ils affirment cela sans donner le moindre argument pour conforter leurs dires.

Mais quelle est donc cette heure solaire à laquelle ces spécialistes se réfèrent ?

Quelle est son existence sur le territoire ne serait-ce que métropolitain français ?

Je vais vous démontrer avec plusieurs exemples à quel point nous nous trompons en évoquant cette heure solaire.

Quel est le fonctionnement de la Terre ?

D’une part elle tourne sur elle-même, mais elle tourne également autour du soleil.

Que sait-on de ces rotations ?

Elle tourne sur elle-même.

C’est cette rotation qui nous permet de vivre le passage du jour à la nuit.

La rotation de la Terre se fait vers l’est, soit en sens direct, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Une rotation complète s’effectue en moyenne en 23h56mns et 4,1s. C’est parce qu’elle tourne également autour du soleil que le jour solaire dure quelques minutes de plus et atteint environ 24h.

Pour une comparaison avec d’autres planètes, Jupiter tourne en seulement 10h., Mars en 2,5 h. et Vénus en 243 jours terrestres et en sens inverse, soit dans le sens des aiguilles d’une montre. Ce qui est remarquable pour Vénus est que si un jour vénusien dure 243 jours terrestres, l’année vénusienne quant à elle ne dure que 225 jours terrestres !

Ce qui représente pour nous, simples citoyens, un des mystères de notre système planétaire.

Elle tourne autour du soleil.

Ce que tout le monde semble oublier est que la Terre tourne sur une ellipse, et pas sur un cercle, mais aussi que son axe de rotation n’est pas perpendiculaire au plan de l’écliptique (plan géométrique contenant la trajectoire dans l’espace dessinée par la Terre qui tourne autour du Soleil), mais est incliné d’un angle constant de 23,6°. Cela signifie qu’au cours de sa révolution autour du Soleil, la Terre ne présente pas toujours la même configuration au soleil. On dit de la Terre que son orbite est elliptique.

L’exposition solaire de la Terre est donc changeante, ce qui explique pour le moins les saisons.

Au cours de l’année nous connaissons deux équinoxes et deux solstices qui marquent les changements de saison.

L’équinoxe est le moment de l’année où le Soleil se trouve au zénith à l’équateur terrestre, à la verticale au dessus de l’équateur, la Terre se trouve alors à angle droit (par rapport aux pôles) avec les rayons du soleil. Le jour et la nuit ont alors la même durée.

Nous avons ainsi un équinoxe de mars, le 20, et un équinoxe de septembre, le 22.

Le solstice quant à lui correspond au moment de l’année où les rayons du soleil touchent la Terre avec l’angle le plus incliné. Il définit le passage du Soleil directement à la verticale au-dessus du Tropique du Cancer l’été et du Capricorne l’hiver. L’été le Soleil éclaire l’hémisphère nord pendant une durée maximale.

Ainsi le solstice d’été représente la journée la plus longue de l’année alors que le solstice d’hiver la journée la plus courte. L’été, en France, ce sera le 21 juin, l’hiver le 21 décembre.

Que sait-on du fonctionnement de la Terre.

On dit souvent de la Terre qu’elle a une consistance non pas solide mais plastique : quand elle tourne sur elle-même, l’effet de la force centrifuge fait que son rayon aux pôles (6357 kms) est inférieur à celui qu’elle a à l’Équateur (6378 kms).

Sur une année la Terre revient à la même position sur son orbite en 365 jours, 6h et 9mns 4s.

C’est ce différenciel entre 365 jours d’une année calendaire et les mouvements réels de la Terre qui nous oblige à avoir une année bissextile tous les 4 ans.

Il faut aussi entendre que les forces de marée entre la Terre et la Lune ralentissent la rotation de la Terre sur elle-même, si bien qu’en étudiant les fossiles que l’on possède, on constate qu’il y a 380 millions d’années, l’année comportait 400 jours mais avec une journée qui ne durait que 22 h. (8800 heures annuelles pour 8760 aujourd’hui).

Pour tout dire, les études ont montré que "il y a 1,4 milliards d'années, à l'apparition de la vie, la journée durait 18 heures, à l'époque des dinosaures, il y a 400 millions d'années, c'était 22 heures, et il y a 4000 ans, pendant la construction des pyramides, 23heures et 59 minutes" explique le journaliste Jean-Christophe Batteria sur le plateau de France 3. (1)

On sait encore que notre Terre se déplace au cours du temps. Ainsi en France métropolitaine, en raison de la tectonique des plaques, on paecourt en moyenne un centimètre par an vers l'est. L'Afrique quant à elle, remonte de deux centimètres par an vers le nord. Mais le record revient à la plaque pacifique qui avance d'environ 10 centimètres par an vers le nord-ouest. 

Même si nous n'en avons pas du tout conscience, la Terre se déplace extrêmement vite chaque jour. Elle effectue autour du Soleil un parcours elliptique de 940 millions de kms en une année. Ramené à un temps plus court, nous accompagnons la Terre qui fonce à 107 000 kms par heure en moyenne (29,78 kms par seconde) ! Qui a conscience de ça ?(2)

Quelle incidence tous ces mouvements terrestres dans le système solaire cela a-t-il pour l'ensoleillement de nos communes du territoire métropolitain français ? 

Je me suis amusée à classer 36 communes réparties sur tout le territoire, 

classement en fonction des heures de coucher du soleil, à la fois en plein hiver, le 4 janvier, et en plein été, le 15 août.

Que constate-t-on ?

Le 15 août, c’est à Nice que le soleil se couche le plus tôt, soit à 20h35 (18h35 heure solaire), et c’est à Brest qu’il se couche le plus tard, soit à 21h33 (19h33 heure solaire). Une heure de décalage entre ces deux communes.

Le 4 janvier, c’est à Strasbourg qu’il se couche le plus tôt, à 16h47 (15h47 heure solaire) et à Saint Jean de Luz qu’il se couche le plus tard, à 17h44 (16h44 heure solaire), soit à nouveau une heure de décalage.

Autre chose étonnante, le changement observé dans une même commune de son classement selon  l’été et l’hiver.

Ainsi le 15 août, le soleil se couche à la même heure à Laon et à Tarbes, soit à 21h03.

Mais le 4 janvier, s’il se couche à 16h59 à Laon, il ne se couche qu’à 17h37 à Tarbes, soit près de 40 mns plus tard.

De même le 15 août, il se couche à la même heure à Perpignan et à Nancy, à 20h51. Mais le 4 janvier, s’il se couche à 16h52  à Nancy, il ne se couche qu’à 17h28 à Perpignan ! soit à nouveau près de 40 mns de décalage.

Autre exemple encore, le  15 août, il se couche à la même heure à Arras et Bordeaux, soit à 21h09. Le 4 janvier, il se couche à 16h59 à Arras mais seulement à 17h34 à Bordeaux.

Le 15 août, il se couche à la même heure à Amiens, Biarritz et Saint Jean de Lu, soit à 21h10. Mais le 4 janvier, s’il se couche à 17h03 à Amiens, il attendra 17h43 et 17h44 pour se coucher à Biarritz et à Saint Jean de Luz.

Le 15 août il se couche à la même heure à Dieppe et La Rochelle, à 21h14, sachant qu’il se couche ce jour là à 20h35 à Nice et Menton, coucher le plus tôt. Mais le 4 janvier, il se couche à la même heure à Dieppe, Nice et Menton, soit à 17h07 alors qu’il est déjà couché depuis 16h47 à Strasbourg et Sarreguemines, et à la Rochelle il se couche à 17h32 !

Pour en finir avec ces comparaisons scientifiques, la seule commune qui conserve la même place dans le classement entre le 15 août et le 4 janvier est la ville de Limoges, qui dans les deux cas est à la 17ème place sur les 27 classées, classement tenant compte de doublons sur certaines places.

Toutes les autres communes changent de place, ainsi Dunkerque est à la 22ème place le 15 août mais passe à la 5ème le 4 janvier ! Amiens qui est à la 21ème place le 15 août passe à la 8ème le 4 janvier.

Sérieusement comment peut-on parler d’UNE heure solaire, quand on voit ces mouvements au cours de l’année ?

 

Il me semble bien plus important d’expliquer qu’une seule heure de décalage ne produit aucun effet sur l’organisme, à condition de respecter rapidement ses horaires de coucher et de lever.

Les études de chronobiologie ont montré que chez l’adulte, il faut avoir modifié ses horaires de 3à 4 heures pour provoquer ce qu’on appelle une désynchronisation interne.

Pour être en bonne forme, il faut que toutes nos horloges internes fonctionnent de manière synchronisée. Le problème est qu’elles n’ont pas toutes la même vitesse de déplacement, quand on change d’heure, par exemple si on voyage et qu’on passe plusieurs fuseaux horaires.

Je prends ici l’exemple de trois de nos horloges internes devant fonctionner de façon synchronisée, et qui ont toutes les trois une rythmicité circadienne, soit proche de 24h.

Il s’agit de notre vigilance physiologique, qui passe par son plus bas niveau au milieu de la nuit, commence à remonter quand on s’éveille, est à son meilleur niveau le matin, baisse au moment du creux méridien (sur le temps de midi, baisse physiologique globale qui nous fait ressentir un coup de pompe souvent considéré comme le fait de digérer alors qu’on l’a également quand on n’a pas mangé), puis cette vigilance va remonter plus tard dans l’après-midi, mais beaucoup moins chez les jeunes enfants que son niveau du matin.

Le cortisol, souvent appelé Hormone du stress, qui lui aussi est au plus bas niveau la nuit, augmente juste avant notre éveil et le provoque, reste à un bon niveau tout au long de la matinée, baisse au moment du creux méridien mais continue de baisser doucement l’après-midi sans jamais revenir à son niveau du matin.

Enfin la température centrale, au plus bas la nuit, qui commence à augmenter environ une heure avant notre éveil, atteint ensuite un plateau qui va perdurer toute la matinée, baisse au moment du creux méridien, et comme la vigilance, a tendance à remonter dans l’après-midi, mais là aussi moins chez les jeunes enfants.

Or quand on change de 3 à 4 heures, la vigilance va retrouver à peu près en 48h son niveau le meilleur au moment du matin correspondant à l’horloge du lieu où on est. En revanche la température va avoir besoin d’environ une semaine pour retrouver son cycle normal quant au corisol il lui faudra carrément 2 semaines pour ce faire.

Cela signifie que pendant ces deux semaines, le sujet est en désynchronisation interne, c’est à dire que ses horloges internes ne fonctionnent plus de façon synchronisée.

Quand on ne fait un changement que d’une heure, cela ne se produit pas, en 48 h, si on respecte les horaires à respecter, toutes nos horloges internes sont à nouveau synchronisées entre elles mais aussi calées sur le nouvel horaire.

L’important est de respecter son horaire de coucher, qu’on peut reconnaître en écoutant son corps, puisqu’au moment où le sommeil est prêt à démarrer, il est très fréquent que la température centrale baisse et nous fait ressentir un coup de froid. On ne se contente pas alors de prendre une couverture pour continuer ce qu’on fait, on est raisonnable et on se dit que c’est l’heure d’aller dormir, car on sait qu’alors l’endormissement sera rapide et permettra une nuit de qualité.

On évite d’avoir des écrans à flux bleutés allumés jusqu’au moment où on doit aller dormir, on les éteint une heure avant, et on évite aussi de traîner au lit le matin croyant qu’on va récupérer le sommeil manquant de la semaine, c’est une erreur. Si on est vraiment fatigué, il vaut beaucoup mieux compter sur une sieste, au moment du creux méridien, qui nous permet de récupérer beaucoup plus avec moins de temps que les longues grasses matinées.

Profitez des beaux jours pour faire le plein de lumière naturelle, c’est elle qui aide l’hormone du sommeil, la mélatonine, à être bien synthétisée au moment où elle doit l’être, la nuit.

Pour avoir un sommeil de qualité, la diététique a aussi son importance.

Essayer d’avoir tous les matins un bon petit déjeuner, avec produits protéinés, sucres lent et rapide, et produits fruités, le midi faire le plein de produits protéinés, essayer de prendre un goûter bien géré, pour alléger le repas du soir qui doit comporter beaucoup moins de produits protéinés, mais des légumes et des céréales complètes sont bienvenus.

Pour finir je dirai que je suis toujours très étonnée du tatoin que l’on fait autour de l’heure d’été qui ne nous fait changer que d’une heure, alors que bien peu de monde ne s’inquiète de ce que nos enfants, dans leur grande majorité, vivent toutes les semaines une réelle désynchronisation interne.

Chez eux, deux heures à deux heures et demi de déplacement ont le même effet que les 3 ou 4 h chez l’adulte.

Or on ne peut que constater que dès qu’ils n’ont pas classe le lendemain, on les laisse se coucher beaucoup plus tard, souvent même plus de deux heures que les autres jours, on sait que cela a une forte incidence sur leur fatigue cumulée, on sait également que plus les enfants sont fatigués plus ils ont des comportements agressifs.

Une importante étude a été menée par l’équipe d’Yvonne Kelly, sur une cohorte de plus de 10 000 enfants, qui a prouvé les effets délétères sur les comportements des enfants avec de tels couchers irréguliers mais aussi tardifs.(3)

Pour finir, vivre à l’heure d’été, en revanche, serait plus bénéfíque. Une étude, publiée dans le journal International Journal of Behavioural Nutrition and Physical Activity, menée auprès de 25000 enfants âgés de 6 à 16 ans dans 8 pays dont la Suisse, souligne les bienfaits de l’heure d’été. Les chercheurs ont en effet montré que l’heure d’été serait profitable à la santé des jeunes, car lorsque le soleil se couche à 21 heures, les enfants bougent 15 à 20% de plus que quand il se couche à 17 heures.

Les agriculteurs précisent aussi souvent que l’heure d’été leur permet de travailler dans de meilleures conditions, en évitant les grosses chaleurs.

Un consultant indépendant a également examiné pour la Commission européenne divers rapports et n’a découvert aucune étude prouvant le caractère nocif du passage à l’heure d’été: «L’agriculture, le tourisme et les transports ne remettent pas en question son existence. »

En Italie, «les secteurs de la construction et de l’agriculture profitent de l’heure d’été, à savoir du fait que le matin, il fait moins chaud».

Alors cessons les débats inutiles, profitons de l’heure d’été tout en apprenant à bien connaître ses propres besoins, et en les respectant le plus régulièrement possible.

1. https://www.francetvinfo.fr/sciences/science-la-terre-a-tourne-plus-vite-en-2020_4264107.amp

2. https://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/astronomie-vitesse-deplace-terre-espace-8624/

3. http://Kelly, Y, Kelly, J, & A ; Sacker, 2013, Changes in Bedtime Schedules and Behavioral Difficulties in 7 Year Old Children, Pediatrics, November 2013, 132 (5) e1184-e1193 ; DOI ; https://doi.org/10.1542/peds.2013-1906

En français, un résumé des résultats : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/10/25/21440-se-coucher-heure-fixe-favorise-sante-enfants